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L’affaire a été pliée dès l’entame du sommet européen qui s’est ouvert jeudi à Bruxelles. En dépit de l’opposition du gouvernement de son propre pays - une première - le Polonais Donald Tusk a été reconduit à la présidence du Conseil européen pour un second mandat de deux ans et demi par les vingt-sept autres chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union. Le Parti populaire européen (PPE) détiendra donc les présidences des trois principales institutions politiques de l’Union européenne jusqu’en 2019 : le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker dirige la Commission; l’Italien Antonio Tajani a accédé au perchoir du Parlement européen à la mi-janvier; Donald Tusk, donc, est prolongé au Conseil européen.

Les socialistes européens digèrent mal cette hégémonie du parti pan-européen de droite et de centre-droit. "Sur le plan des symboles, c’est choquant, et ça ne reflète pas du tout l’équilibre des forces politiques", déplore une source socialiste. "C’est de leur faute. Ils savaient qu’ils devraient céder la présidence du Parlement à mi-mandat", riposte-t-on, du côté du PPE. "Puisque Juncker avait la Commission, le PSE pouvait avoir le Conseil européen, mais l’Italien Renzi a bloqué son compatriote Letta, parce que c’était un opposant interne dans son parti", rappelle Federico Ottavio Reho, chercheur au Martens Centre (ainsi nommé en l’honneur de l’ex-Premier ministre belge et défunt président du PPE de 1990 jusqu’à son décès, en 2013).

Moins puissant, toujours influent

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