Les ministres européens des Affaires étrangères ont évoqué lundi la situation de l'Ukraine, où la tension reste vive entre le pouvoir et les manifestants pro-européens. Dans leurs conclusions, ils manient prudemment la carotte et la bâton pour convaincre Kiev de se tourner vers l'Occident. "On essaie de garder le contact", a indiqué à Belga le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders. "L'UE suit avec grande préoccupation la situation et la crise politique persistante en Ukraine, et reste prête à réagir rapidement à toute détérioration sur le terrain", selon le communiqué diffusé à l'issue du Conseil.

Les ministres répètent par ailleurs leur volonté de conclure un accord de libre échange étendu malgré la volte-face du gouvernement sur la question fin novembre. Ils soulignent "le droit de tous les Etats souverains de poser leurs propres décisions de politique étrangère sans pression extérieure indue" - une référence claire à la Russie. Surtout, ils expriment leur "conviction que l'accord (envisagé) ne constitue pas l'objectif final des relations UE-Ukraine".

La formulation ambigüe semble entrouvrir la porte à une perspective d'adhésion, réclamée par un certain nombre d'Etats membres et par les manifestants ukrainiens. Mais il n'en est rien, selon Didier Reynders. "C'est quelque chose qui n'est pas du tout reconnu", dit-il. "On ne veut pas du tout se lancer dans un processus de perspective d'adhésion". Il s'agit plutôt de "négocier d'autres types d'accords". L'Europe est également prête à renforcer son soutien économique, a-t-il indiqué.

La fin des violences, la poursuite des responsables et le respect des droits fondamentaux sont des préalables au développement des relations, a encore précisé M. Reynders.