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Les forces ukrainiennes sont entrées lundi dans plusieurs villes aux mains des insurgés proches du site, qu'elles contrôlent désormais partiellement, où sont tombés les débris du Boeing malaisien et auquel les experts néerlandais et australiens n'ont pu accéder en raison des combats.

La commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a déclaré que la destruction en vol de l'avion du vol MH17, qui a fait 298 morts, "pourrait s'assimiler à un crime de guerre". "Il est impératif qu'une enquête rapide, minutieuse, efficace et indépendante puisse être menée sur cet événement", a-t-elle déclaré citée dans un communiqué publié lundi.

L'intensification des combats à proximité immédiate rendent encore plus difficile l'arrivée d'experts étrangers sur les lieux de la catastrophe aérienne que contrôlent les séparatistes pro-russes où il reste toujours des débris de l'appareil ainsi que des fragments de corps, onze jours après la tragédie.

Les experts médicaux-légaux néerlandais avaient visité à plusieurs reprises l'endroit, mais ceux chargés de l'enquête sur les causes de ce drame ne s'y sont jamais rendus pour des raisons de sécurité.

Un convoi d'une vingtaine de voitures, y compris celles de la presse escortées par les rebelles, a quitté dans la matinée Donetsk en direction de cette zone située à une soixantaine de kilomètres plus à l'est. Les journalistes ont été stoppés par les insurgés à Chakhtarsk, à une dizaine de kilomètres du site.

Les policiers et les experts médicaux-légaux ont finalement eux-aussi fait demi-tour, des explosions ayant été entendues non loin de leur convoi, selon le gouvernement néerlandais. La veille, les experts avaient déjà renoncé à aller sur place.

Les soldats sont entrés dans les villes Chakhtarsk et Torez, à l'est de Donetsk, près de l'endroit de la catastrophe et ont repris la colline de Savour-Moguyla, ont affirmé les forces ukrainiennes dans un communiqué. Des combats se poursuivaient en outre à Snijné, non loin de là, ont-elles ajouté.


Une "décompression" liée à la "forte explosion"

Savour-Moguyla constitue "une hauteur stratégique à la frontière des régions de Donetsk et de Lougansk et de celle de Rostov (sur le Don) en Russie, à partir de laquelle les terroristes tiraient sur les soldats ukrainiens", a déclaré la présidence ukrainienne. Mercredi dernier, deux avions de chasse ukrainiens ont été abattus au-dessus de cette colline.

"Les Ukrainiens ont pris possession d'une partie du territoire du crash", a reconnu devant la presse Vladimir Antioufeev, numéro deux du gouvernement séparatiste de la République autoproclamée de Donetsk.

La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop et son homologue néerlandais Frans Timmermans étaient lundi en visite à Kiev pour discuter avec les autorités de la possibilité d'élargir la mission sécuritaire et de laisser les policiers porter des armes.

Le déploiement d'une telle mission requiert le feu vert du Parlement ukrainien, qui devra se prononcer jeudi à huis clos.

L'avion de Malaysia Airlines, qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avec 298 personnes à son bord, a été abattu le 17 juillet dans l'est de l'Ukraine dans une zone contrôlée par les rebelles soutenus par la Russie, accusée par Washington et les Ukrainiens de leur fournir des armes.

Kiev et les Occidentaux ont presque ouvertement accusé les séparatistes et leurs protecteurs au Kremlin d'avoir été responsables du drame.

Les données des boîtes noires ont révélé une "décompression" liée à la "forte explosion" d'un missile à fragmentation, a annoncé lundi le Conseil national de Sécurité et de Défense ukrainien.


L'armée ukrainienne gagne du terrain 

Plus de trois mois après le déclenchement de l'"opération antiterroriste" dans l'Est qui a fait selon l'ONU plus de 1.110 morts, l'armée ukrainienne gagne du terrain ces derniers jours.

Au nord de la région de Donetsk, les forces ukrainiennes ont également indiqué avoir reconquis la ville de Debaltseve et renforcé leurs troupes en vue de "libérer" le bastion rebelle de Gorlivka où des tirs de lance-roquettes Grad ont provoqué dimanche la mort de 14 civils, dont deux enfants.

Dans un rapport publié mardi, l'ONU a dénoncé l'utilisation d'armes lourdes dans les zones d'habitation tant par les séparatistes prorusses que par l'armée ukrainienne.

"Les informations sur l'intensification de combats dans les régions de Donetsk et de Lougansk sont extrêmement alarmantes, les deux parties utilisent dans des zones d'habitation des armes lourdes comme l'artillerie, les chars, les roquettes et les missiles", a souligné le commissaire aux droits de l'homme Navi Pillay.

Cinq civils ont péri à Lougansk et trois à Donetsk ces dernières 24 heures, selon les autorités locales.

Kiev a annoncé avoir perdu quatre gardes-frontières au poste Dovjanski dans la région de Lougansk dans des tirs de mortier à partir du territoire russe.