Le convoi humanitaire russe qui a traversé vendredi la frontière ukrainienne est entré dans le bastion prorusse de Lougansk, sa destination, a affirmé un porte-parole des rebelles. "C'est vrai, les premiers véhicules sont arrivés à Lougansk", a déclaré à l'agence de presse russe Interfax le porte-parole Konstantin Knyrik.

Il était impossible de vérifier cette information de source indépendante, la ville de Lougansk ne possédant plus de réseau téléphonique depuis bientôt trois semaines et étant fermée à la presse.

Un site internet proche des rebelles a publié vendredi une photographie des camions blancs roulant dans une rue déserte, présentée comme le "centre de Lougansk, soit disant repris et encerclé par l'armée ukrainienne".

Après une semaine d'attente du côté russe de la frontière, Moscou a fait entrer en Ukraine vendredi matin ses camions chargés d'aide humanitaire, estimant que "tous les prétextes" avancés par Kiev pour "retarder la livraison" de son aide humanitaire aux populations de l'est de l'Ukraine avaient été épuisés.

La ville de Lougansk, l'un des bastions de l'insurrection prorusse, assiégée depuis plus d'un mois par l'armée ukrainienne, est confrontée à une situation humanitaire "critique" selon les autorités locales, les habitants étant privés d'eau et d'électricité depuis bientôt trois semaines.


L'entrée du convoi russe va "approfondir" la crise, estime l'Otan

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a "condamné" vendredi l'entrée du "soi-disant" convoi humanitaire russe en Ukraine, jugeant que cette évolution "ne peut qu'approfondir la crise" dans la région. L'entrée de ce convoi sans accord ukrainien "ni aucune implication du Comité international de la Croix-Rouge" constitue "une violation flagrante des engagements internationaux de la Russie" et une "violation supplémentaire de la souveraineté ukrainienne par la Russie", a affirmé M. Rasmussen, cité dans un communiqué. "Cela ne peut qu'approfondir la crise dans la région", a-t-il estimé.

"Le mépris des principes humanitaires internationaux soulève de nouvelles questions quant à savoir si l'objectif réel de ce convoi est d'aider les civils ou d'apporter des fournitures aux séparatistes armés", a-t-il ajouté.

Selon M. Rasmussen, l'entrée de ce convoi "coïncide avec une escalade importante de l'implication russe dans l'Est (séparatiste de l'Ukraine) depuis la mi-août, y compris l'utilisation de forces russes".

L'Otan avait fait état début août d'une augmentation du nombre des militaires russes le long de la frontière avec l'Ukraine, passé, selon elle, de 12.000 à la mi-juillet à 20.000, y voyant une "situation dangereuse".

L'Alliance avait aussi fait part de ses craintes que la Russie n'utilise "le prétexte d'une mission humanitaire ou de maintien de la paix pour envoyer des soldats dans l'est de l'Ukraine".