Vendredi à Utrecht la Fédération humaniste européenne a porté à sa tête le président du Centre d’Action laïque Pierre Galand pour un mandat de trois ans. La FHE, qui regroupe plus de cinquante associations laïques en Europe est un partenaire officiel de l’Union européenne au titre de l’article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’UE. Si elle intervient régulièrement au Conseil de l’Europe et à l’OSCE, la fédération ne manque pas de constater et donc de déplorer que les laïques, voire les athées ont rarement voix au chapitre dans les instances dirigeantes, y étant trop souvent considérés comme des partenaires de seconde zone par rapport aux représentants des cultes. Et même les représentants de la franc-maçonnerie ont eux aussi subi certaines vexations qu’on n’imaginait pas dans l’Europe moderne. Il y a donc du pain sur la planche, si l’on ose dire, pour le nouveau président.

"On a mis du temps à exister et à se faire reconnaître; il est temps de nous affirmer", explique Pierre Galand. Et pas seulement sur le plan de la séparation des Eglises et des Etats.

"Bien sûr, la FHE doit plus que jamais rassembler les laïques en Europe pour défendre des libertés remises en question par les lobbies religieux conservateurs. Le problème n’est évidemment pas la croyance, qui est respectable, mais l’exploitation politique qu’en font certains. En même temps, la FHE entend œuvrer avec d’autres à la construction d’une Europe progressiste et solidaire." Et d’expliquer que les humanistes doivent s’impliquer davantage dans les programmes éducatifs.

"Dans l’enseignement traditionnel mais aussi dans l’éducation populaire, nous pouvons contribuer à un meilleur vivre ensemble en veillant en même temps à ce que l’on ne remette pas en question des acquis comme l’IVG ou le droit à l’euthanasie".