On pouvait compter sur la verve de Louis Michel pour animer les débats, jeudi, en Commission des libertés civiles, au Parlement européen. A l’ordre du jour : la Hongrie, et les (non)-réactions européennes à l’égard des nouvelles mesures constitutionnelles - adoptées par le parti du Premier ministre Viktor Orban, le Fidesz, qui détient la majorité des deux tiers au Parlement - et qui semblent inquiéter la liberté de la presse, l’indépendance des juges, la liberté de religion, la loi électorale

L’eurodéputé membre de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), Louis Michel, a commencé par rappeler, sagement, que "la liberté, la démocratie, l’égalité, la non-discrimination et le respect des droits fondamentaux sont les valeurs essentielles de l’Union européenne".

Il a rapidement haussé le ton envers ceux qui "semblent banaliser, de manière un peu simplificatrice, ce qui se passe en Hongrie", et qui "sont tellement prompts à dénoncer les atteintes à ces valeurs lorsqu’elles sont bafouées hors de l’Union", tançant là ses collègues du Parti populaire européen (PPE), dont font partie Viktor Orban, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, notamment. "Je pense que c’est plus qu’une exigence éthique de réagir lorsque ces violations se font au sein même de l’Union européenne."

Louis Michel se fâche ensuite. Il craint que "l’immobilisme, l’attentisme, voire la complaisance, projette une image catastrophique de l’Union, et induise une crise profonde de crédibilité, de confiance et de sens du projet européen", appelant par là - comme ses collègues socialistes et démocrates et verts au Parlement européen - la Commission européenne à réagir, très rapidement, sur la base de la Charte des droits fondamentaux de l’Union. Et ce, afin de préserver la crédibilité internationale de l’Europe.

"Ce que je reproche aux mesures prises, c’est un grave péché de partialité", s’emballe enfin l’eurodéputé, "On essaie de mettre en place un Etat partial, un Etat au service d’une force politique." Se débattant pour garder le micro, il parvient finalement à arracher, à la fin de son temps de parole, en hurlant : "Cette mutation d’un régime démocratique en régime autoritaire dans un pays européen est gravissime pour l’idée même du projet européen".