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Un haut fonctionnaire argentin a été abattu de cinq balles jeudi près du Parlement à Buenos Aires, une attaque dans laquelle a été blessé un député, apparemment victime collatérale du crime.

Hector Olivares, député de l'Union civique radicale (UCR, majorité présidentielle), a été grièvement blessé et hospitalisé dans un hôpital de Buenos Aires, entre la vie et la mort.

Il faisait sa marche matinale avec son ami Miguel Marcelo Yadon, qui a été mortellement touché par les les deux tueurs qui l'attendaient dans une Volkswagen grise, garée sur la place du Congrès.

Quelques heures après l'attaque, un parent du propriétaire de cette voiture a été arrêté, selon des sources policières.

"C'est un acte clairement mafieux", a dénoncé Gustavo Galvan, député UCR de la Rioja.

Miguel Yadon, 58 ans, et Hector Olivares, 61 ans, sont tous deux originaires de la province de la Rioja, dans le nord-ouest de l'Argentine, et partageaient un appartement dans le quartier du Congrès quand ils devaient être dans la capitale pour leurs activités professionnelles.

Le député épargné

L'attaque s'est produite à 07H00 (10H00 GMT) quand des tirs en provenance d'une voiture ont touché les deux hommes qui marchaient côte à côte, en survêtement, sur la place située à proximité du Congrès.

"Selon les informations dont nous disposons, la voiture (des agresseurs) stationnait depuis une demi-heure et ils les attendaient, parce qu'il (Olivares) avait l'habitude de sortir marcher tous les jours en compagnie de Yadon", a expliqué M. Cano, un dirigeant de l'UCR.

La ministre de la Sécurité publique Patricia Bullrich a révélé que la cible n'était pas le député, mais son ami et collaborateur. "L'objectif principal était Yadon", a-t-elle assuré lors d'une conférence de presse.

Elle a écarté un mobile politique, à six mois de l'élection présidentielle du 27 octobre. "Nous ne voulons pas situer cet acte dans un cadre politique, mais le mobile est lié à la personne assassinée", a souligné la ministre.

Des images de vidéosurveillance montrent que les premiers coups de feu sont tirés depuis l'intérieur de la voiture. Miguel Yadon s'effondre. Touché lui aussi, le parlementaire parvient à se relever et à faire quelques pas pour s'éloigner de la scène du crime.

Les deux tireurs sortent de la berline grise, puis un d'eux fait à nouveau feu en direction de Yadon, toujours à terre. Le tueur voit que le député s'est éloigné mais baisse son arme et ne cherche pas à le supprimer, selon l'enregistrement vidéo.

"Etat critique"

Le directeur de l'hôpital Pablo Rossini a indiqué que le député était "dans un état critique", touché au foie, au côlon et au pancréas, et qu'il restait en soins intensifs avant une nouvelle opération.

Un nouveau compte-rendu médical sera divulgué vendredi.

C'est un fait inédit en Argentine, qui survient au moment où commence la campagne électorale dans la perspective de la présidentielle du 27 octobre. Une dizaine de balles ont été tirées par les agresseurs. Le député a été atteint par trois balles.

Ulises Lencina, un proche collaborateur du député blessé, a dit à des journalistes qu'Hector Olivares ne lui avait pas confié avoir reçu des menaces.

L'élu travaillait sur une loi anti-hooligans, visant à aggraver les sanctions contre les "barrabravas" et à éradiquer la violence dans le football en Argentine, où la plupart des clubs sont gangrénés par des groupes de supporteurs mafieux.

Ingénieur de formation, Miguel Yadon était pour sa part depuis 2017 le coordinateur d'un fonds d'infrastructures électriques dans la province de la Rioja, fief de l'ex-président Carlos Menem.

Une source proche de l'UCR a dit à l'AFP que la gestion de ce fonds pourrait être à l'origine du meurtre de Miguel Yadon.

La classe politique s'est émue de l'attaque.

"Je veux dire aux Argentins que la police travaille et que nous allons enquêter pour comprendre ce qui s'est passé et trouver les coupables", a déclaré le président de centre-droit Mauricio Macri.

De son côté, l'ex-présidente Cristina Kirchner a exprimé sa "solidarité avec le député Hector Olivares, sa famille, et celle de Miguel Yadon. Nous exigeons l'élucidation immédiate des faits".