Un haut responsable des Nations unies se rendra à Rangoun ce week-end et rencontrera la figure de l'opposition Aung San Suu Kyi, libérée le 13 novembre après plus de sept ans de résidence surveillée, a indiqué vendredi un responsable birman. Le chef de cabinet du secrétaire général des Nations unies, Vijay Nambiar, doit aussi s'entretenir avec un responsable du Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP) qui a revendiqué la victoire aux élections du 7 novembre, a-t-on ajouté de même source. Un responsable de la Ligue nationale pour la démocratie de Mme Suu Kyi a confirmé qu'une rencontre était prévue.

Les rapports sont compliqués entre la Birmanie et l'ONU, accusée par certains analystes de ne pas peser du tout sur l'évolution du régime militaire, de facto peu sensible aux pressions extérieures. Un envoyé spécial de l'ONU pour les droits de l'homme en Birmanie, Tomas Qintana, avait appelé en mars dernier à la mise en place d'une commission d'enquête sur des crimes de guerre. Il avait fait état des allégations selon lesquelles la junte du généralissime Than Shwe avait exercé une répression sanglante contre des dissidents et des rebelles de minorités ethniques.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'était rendu en Birmanie en 2009, mais n'avait pas pu rencontrer Mme Suu Kyi, alors sous le feu de poursuites pour violations des conditions de sécurité imposées par sa résidence surveillée. Il s'est entretenu avec la lauréate du prix Nobel de la paix au téléphone quelques jours après sa libération. Tous deux ont appelé la junte à libérer les prisonniers politiques birmans, estimés à environ 2.200.