Le ton est donné dès que le défi est lancé: `Serez-vous assez courageux pour vous engager dans cette sombre et funeste quête qui vous emmènera au plus profond de l'enfer?´ Diablo 2, le retour du `Lord of Terror´, ce terrible jeu d'action, d'aventure, de rôle aurait-il encore mortellement frappé, plongeant au propre comme au figuré un joueur littéralement envoûté au plus profond de l'enfer: la mort?

Pas impossible. Passionné par les jeux d'ordinateur, un jeune de 28 ans a été retrouvé sans vie, samedi matin, dans un cybercafé de Hong Kong. Effondré dans son fauteuil, face à l'écran encore allumé, il avait débuté sa partie de jeu `online´, vendredi matin, selon la police. Si l'on attendait encore lundi les résultats de l'autopsie pour déterminer les causes exactes du décès, celui-ci intervient huit mois après la mort d'un employé de 17 ans, qui avait, lui aussi, passé la nuit à explorer, tuer et dépouiller dans le sombre univers de Diablo II.

Pas un mois, pas une semaine qui passe sans que l'on attribue aux jeux vidéos des pouvoirs assassins. Ainsi, une petite Thaïlandaise de 12 ans se serait-elle pendue parce que sa mère l'avait appelée pour lui donner un coup de main à la cuisine. Frustrée de devoir interrompre sa partie de Bomberman, la gamine aurait préféré se suicider. Suite à cette affaire, le ministère de la Santé publique a prié les parents de méticuleusement sélectionner les jeux vidéo en fonction de l'âge et de la sensibilité émotionnelle de leurs enfants.

Pour expliquer ces morts volontaires, certains spécialistes qui se sont penchés sur la question avancent par ailleurs le fait que le jeune joueur, ridiculisé par la défaite et exagérément pris au jeu, ne voyait plus d'autre issue que le suicide.

Pour ceux que la mort est venue chercher, au terme de longues heures d'intense combat, ce serait davantage d'épuisement qu'il pourrait être question. Ainsi, cet adolescent de 17 ans, qui avait l'habitude de s'endormir, voire de perdre connaissance devant son écran, serait-il mort, d'après les médecins, suite à une crise d'épilepsie. Pour avoir joué des dizaines d'heures d'affilée à un jeu de combat dénommé Counter Strike, un autre serait mort d'une crise cardiaque, provoquée par l'accumulation de la tension et d'une profonde fatigue. Intimement convaincus que les jeux électroniques ne développent finalement qu'une petite partie du cerveau, en l'occurrence celle qui est associée à la vision et au réflexe, d'autres spécialistes taxent encore les jeux vidéos d'être, à plus long terme cette fois, responsables de troubles mentaux et d'altérations du développement du cerveau.

© La Libre Belgique 2003