Les magazines masculins servent à tout. En plus d'offrir de bons conseils mode à ses petits citadins de lecteurs et des corps dénudés aux plus libidineux d'entre eux, ils font parfois office de déclencheur de guéguerre politico-diplomatique. Les journalistes du Maxim sud-coréen se sont fendus d'un article intitulé: "Comment trouver une Japonaise non irradiée". Une allusion bien balourde au drame de Fukushima, dont le mauvais goût a fait réagir de l'autre côté de la mer du Japon.

La raison de ce titre choc ? Le conflit qui oppose les deux nations autour des îles Dodko/Takeshima, un archipel caillouteux de 180 000 m². Les deux pays à la civilisation millénaire revendiquent depuis des années la propriété des Rochers Liancourt, comme on les appelle en Occident. Cette dispute a poussé les Sud-Coréens à titiller l'orgueil nippon dans le Maxim, selon un communiqué du rédac' chef du magazine, publié sur le site officiel du mensuel. Celui-ci évoque un contexte qui a poussé le magazine à commettre une erreur de jugement.

Il a également mis en avant la polémique autour des "femmes de réconfort". Ces femmes n'étaient autre que des esclaves sexuelles "importées" d'autres pays par l'empire japonais, dont la Corée, pour satisfaire les désirs de ses soldats. Aujourd'hui encore, le sujet reste tabou au pays du Soleil levant. La troisième raison mise en avant est la visite du Premier ministre Shinzo Abe au sanctuaire de Yakusuni. A cette occasion, M. Abe avait rendu hommage aux militaires morts après avoir commis toutes sortes d'atrocités durant la colonisation de la péninsule, durant la première moitié du siècle dernier. Une geste évidemment très peu apprécié par les Sud-Coréens, qui avaient décrit ce moment de recueillement comme "anachronique".

Cette explication en trois actes n'a pas suffi à calmer la colère des Japonais, qui devraient donc se sentir coupables d'être les victimes de cette mauvaise blague. "Je souhaiterais m'excuser d'avoir blessé de nombreux Japonais après la publication de cet article dans notre numéro de février. Après y avoir bien réfléchi, je tiens à m'excuser devant quiconque se serait senti offensé" , a ajouté le rédacteur en chef, expliquant que le fait d'avoir utiliser une référence au nucléaire était une façon de "dramatiser" le papier. Mais les justifications sud-coréennes n'ont pour l'instant pas convaincu du côté de Tokyo, comme le rapporte le Japan Today.