Après la Macédoine et le Monténégro, c’est aujourd’hui au tour de la Serbie de faire un pas vers l’adhésion à l’Union européenne, non sans une certaine amertume.

Belgrade espérait en effet plus de ce 12 octobre où la Commission européenne publie ses rapports et opinions sur l’élargissement, éventuellement une garantie plus solide pour le début des négociations d’adhésion.

Mais les incidents violents du mois dernier dans le nord du Kosovo entre Serbes et Albanais, dans lesquels quatre soldats de la KFOR ont été blessés, en ont décidé autrement.

Pour le ministre de l’économie serbe, Nebojsha Ciric, en visite à Bruxelles mardi, "le statut de candidat est mérité" au vu des réformes accomplies et, surtout, après l’arrestation des derniers criminels de guerre, Mladic et Hadzic, et leur transfert au Tribunal pénal international de La Haye.

La Serbie estime que son progrès ne devrait pas être soumis à la "condition kosovare".

Un point de vue que partage le ministre suédois des affaires étrangères Carl Bildt qui a déclaré que "c’est au Kosovo de prendre ses responsabilités pour les incidents violents et gagner la confiance de la population serbe du Kosovo". Un point de vue cependant peu populaire à Bruxelles. "Nous n’avons pas de preuve que la Serbie a ou n’a pas incité les manifestants serbes du Kosovo à la violence mais elle n’a en tout cas jamais clairement condamné leurs actes", estime Alexandra Stiglmayer, chercheuse à l’initiative européenne de stabilité.

Il n’empêche que ce statut de candidat à l’adhésion, s’il n’est pas accompagné de négociations rapidement, peut se révèler peu porteur de changement : "La fatigue de l’élargissement subsiste, les procédures sont longues pour les candidats, et l’UE commence à perdre son influence dans les Balkans alors qu’elle a pourtant promis aux USA qu’elle résoudrait ses problèmes dans la région seule."

En effet, la Macédoine est "candidate" depuis 2005. Elle a été rejointe par le Montenegro l’année passée. "Si le Montenegro commençait à négocier son entrée rapidement, la région retrouverait de l’espoir, estime Stiglmayer. La Serbie aussi", où le spectre des radicaux europhobes plane déjà sur les prochaines élections et les relations de bon voisinage avec le Kosovo.

T.M (st.)