Un sénateur proche de Donald Trump a assuré lundi que l'Iran était responsable de récents actes hostiles au Moyen-Orient et a préconisé une "réponse militaire écrasante" en cas d'atteintes aux intérêts américains.

Lindsey Graham, un élu républicain, a précisé avoir été informé par le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, un faucon depuis longtemps partisan de la manière forte avec Téhéran.

"Il est clair que ces dernières semaines l'Iran a attaqué des oléoducs et des navires d'autres pays et qu'il est à l'origine de flux de menaces à l'encontre des intérêts américains en Irak", a tweeté M. Graham.

"Si les menaces iraniennes contre les personnes et les intérêts américains se concrétisent, nous devons apporter une réponse militaire écrasante", a estimé Lindsey Graham.

Ryad a accusé l'Iran d'être derrière une attaque de drones revendiquée par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, contre un oléoduc saoudien.

L'attaque intervenait après des "actes de sabotage" non revendiqués dans le Golfe qui ont touché entre autres des pétroliers saoudiens.

Washington n'a pas officiellement attribué ces actes à Téhéran, mais a accusé l'Iran à de maintes reprises de préparer des attaques, notamment via ses affidés, dans des régions du Moyen-Orient comme par exemple l'Irak.

Trump tempère la menace

Le président américain Donald Trump a semblé lundi soir tempérer la réalité d'une menace immédiate posée par l'Iran, se disant prêt à dialoguer avec la République islamique à condition que celle-ci fasse le premier pas.

"Nous n'avons aucune indication que quelque chose s'est passé ou va se passer", a déclaré M. Trump à des journalistes à la Maison Blanche, interrogé sur la menace iranienne.

Dans le cas contraire, les Etats-Unis répondront avec "force", a ajouté M. Trump, tout en répétant être ouvert au dialogue.

"S'ils appellent, bien sûr nous négocierons, mais cela dépend d'eux", a dit le président américain.

Donald Trump, qui ne cesse de souffler le chaud et le froid, avait déclaré plus tôt que les Etats-Unis n'avaient pas cherché à engager un dialogue avec l'Iran, ajoutant que Téhéran devrait faire le premier pas s'il souhaitait négocier avec Washington.

"Les médias Fake News ont comme d'habitude publié une fausse information, sans aucune connaissance (à ce sujet, NDLR), selon laquelle les Etats-Unis essaient d'enclencher une négociation avec l'Iran", a-t-il tweeté.

"Cette information est fausse", a ajouté le milliardaire, sans qu'il apparaisse clairement à quelle publication il faisait référence.

"L'Iran nous appellera si et quand ils seront prêts", a lancé le locataire de la Maison Blanche, qui s'était déjà dit ouvert à des discussions avec Téhéran. "En attendant, leur économie continue de s'effondrer --très triste pour le peuple iranien!".

Regain de tension

Les relations entre Washington et Téhéran connaissent un nouvel accès de fièvre depuis une dizaine de jours, après l'annonce d'un renforcement de la présence militaire américaine au Moyen-Orient pour faire face à de présumées "menaces" iraniennes.

M. Trump s'était dit la semaine dernière "sûr que l'Iran voudra(it) bientôt discuter", ajoutant: "Je voudrais qu'ils m'appellent".

Ce à quoi le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif avait opposé une fin de non recevoir.

Les invectives ont pris une tournure plus violente au cours du week-end. "Si l'Iran veut se battre, ce sera la fin officielle de l'Iran. Plus jamais de menaces à l'encontre des Etats-Unis", a affirmé dimanche le président américain.

M. Zarif a répliqué lundi par ces mots: "Les Iraniens sont restés debout pendant des millénaires alors que leurs agresseurs (sont) tous partis. Le #TerrorismeEconomique et les railleries génocidaires ne mettront pas +fin à l'Iran+".

Historiquement mauvaises, les relations entre la République islamique et les Etats-Unis se sont nettement détériorées depuis que M. Trump a décidé, en mai 2018, de dénoncer unilatéralement l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 avec cinq autres grandes puissances (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie).