Un séisme d’une magnitude de 8,7 sur l’échelle de Richter est survenu dans la nuit de lundi à mardi au large de l’Indonésie, tuant des centaines de personnes mais sans déclencher de tsunami tel que celui qui avait fait le 26 décembre plus de 273.000 morts ou disparus.

«Il y a peut-être un ou deux milliers de personnes qui sont mortes selon les premières informations en provenance» de Nias, île située au large de la côte occidentale de Sumatra et la plus proche de l’épicentre du séisme, a déclaré le vice-président indonésien Yusuf Kalla lors d’un entretien mardi à la BBC.

Un responsable local de Nias avait plus tôt dans la journée indiqué que le bilan «ne peut pas être inférieur» à 300 morts. Au moins 80% des immeubles de la ville principale de l’île, Gunung Sitoli, ont été détruits, piégeant des milliers de personnes sous les décombres, avait ajouté à la chaîne de télévision indonésienne Metro TV, Agus Mendrofa, responsable adjoint du district de Nias.

De nombreuses victimes n’ont pas pu recevoir des soins en raison des coupures de courant qui ont paralysé l’hôpital principal de l’île. De nombreux docteurs et infirmières ont par ailleurs fui avec les habitants par crainte d’un tsunami, a-t-il déclaré.

Nias, île d’un demi-million d’habitants, se situe à environ 125 km à l’ouest de l’île indonésienne de Sumatra, et avait déjà été touchée par le tsunami du 26 décembre qui avait fait plus de 273.000 morts et disparus.

Le séisme de la nuit de lundi à mardi a atteint une magnitude de 8,7 sur l’échelle ouverte de Richter, selon une nouvelle évaluation de l’agence géologique américaine (USGS). Il s’agit de «l’un des quatre ou cinq plus puissants séismes de ces 100 dernières années», a indiqué un sismologue de l’USGS, Kerry Sieh. La secousse s’est produite à 16H09 GMT.

L’Indonésie avait déjà payé le plus lourd tribut au raz-de-marée du 26 décembre qui avait fait plus de 273.000 morts ou disparus dans onze pays de l’océan Indien.

Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations humanitaires, a indiqué à la presse que des hélicoptères seront envoyés «dès que possible» afin d’évaluer les dégâts.

«Mon impression est que le système a bien mieux marché cette fois-ci. Car il y avait de la vigilance. Nous avions non seulement une surveillance et une information donnée aux pays, mais nous avons également vu les gouvernements avertir directement les autorités locales», a-t-il dit.

La forte secousse a suscité des alertes au tsunami dans plusieurs pays riverains de l’océan Indien (Thaïlande, Inde, Indonésie, Malaisie, Sri Lanka, Madagascar et Maurice), provoquant coupures de courant et une panique monstre parmi des centaines de milliers de riverains de l’océan Indien.

Mais aucun tsunami n’a été signalé, ont indiqué les services météorologiques indonésiens. Un de ses responsables a estimé peu probable qu’un risque de raz-de-marée apparaisse.

«Ne paniquez pas. Il n’y a pas de tsunami», lançait une voix depuis les hauts-parleurs de mosquées à Aceh (nord), province indonésienne où le souvenir est encore très vif de la catastrophe provoquée par le raz-de-marée du lendemain de Noël. «J’ai très peur, quand le tremblement de terre a eu lieu, j’étais en train de lire un livre. Je me suis précipitée hors de la maison. Moi et mes amis, on a tous couru vers la mosquée de l’université», témoigne Rabhiah, étudiante de 20 ans qui ne semble pas croire que tout danger de tsunami est passé. «On prie pour sauver nos vies et on ne bouge pas de là», ajoute-t-elle.

Les mosquées ont compté parmi les rares bâtiments encore debout après le raz-de-marée du 26 décembre. La Thaïlande, l’Inde et le Sri Lanka ont levé les alertes aux tusnamis émises juste après le séisme. «Trois heures après le séisme, il n’y a de signe de tsunami dans aucune des six provinces pour lesquelles l’alerte a été lancée», a déclaré Chalermchai Akekantrong, vice-directeur du Département thaïlandais de météorologie. «Les gens peuvent rentrer chez eux, c’est sûr».«S’il y avait dû y avoir un tsunami, celui-ci se serait déjà produit», a-t-il dit.

Le risque d’un «important tsunami devrait être écarté dorénavant», a admis à Hawaï Laura Kong, directrice du Centre international pour l’information sur les tsunamis.