Une cour martiale au Royaume-Uni a reconnu coupable vendredi un soldat britannique du meurtre de sang-froid d'un insurgé afghan blessé en 2011.

Ce militaire, appelé soldat A pour des raisons légales interdisant de l'identifier, sera fixé ultérieurement sur sa peine. Il encourt une peine de prison à vie.

Deux autres soldats (B et C), soupçonnés d'avoir encouragé le soldat A à commettre le meurtre, ont été acquittés à l'issue de ce procès de deux semaines à Bulford, dans le sud de l'Angleterre.

Le soldat A, un Royal Marine, a été reconnu coupable d'avoir abattu l'insurgé à bout portant, au niveau de la poitrine, avec un pistolet de 9 mm dans la province afghane du Helmand (sud).

"Prends ça. T'en ferais autant, salaud", avait lancé le soldat à l'Afghan, selon une vidéo filmée à partir de la caméra fixée sur le casque du soldat B.

Le soldat A s'était ensuite retourné vers ses camarades pour leur dire : "Evidemment, ça reste entre nous les gars. Je viens de violer la Convention de Genève" sur le traitement des prisonniers de guerre.

Le contenu de la vidéo, qui montre notamment l'exécution de l'Afghan, a été présenté à la cour pendant le procès.

Les faits remontent au 15 septembre 2011 quand l'insurgé, armé d'un AK47, de deux chargeurs et d'une grenade, a été grièvement blessé pendant l'attaque d'un hélicoptère britannique Apache.

Les soldats A, B et C ont alors été envoyés sur place pour vérifier si l'Afghan avait été blessé ou s'il était mort. Ils l'ont découvert en sang, les yeux grand ouverts, et l'ont insulté, montre la vidéo.

Le soldat A a informé ses supérieurs que l'insurgé était toujours vivant. Ce dernier a été ensuite déplacé sous des arbres, pour ne pas être visible de l'hélicoptère, avant d'être abattu.

Au procès, le soldat A a reconnu avoir tiré, mais a insisté sur le fait que l'insurgé était alors déjà mort. "Stupide manque de contrôle, absence momentanée de jugement", a-t-il avancé pour sa défense.

Mais le médecin légiste, Nicholas Hunt, a affirmé devant la cour que l'insurgé était vivant avant que le soldat A ne lui tire dessus.

"Ce tribunal doit désormais déterminer la peine minimum que vous allez purger avant d'être libéré", a déclaré au soldat A le juge Jeff Blackett, sans préciser la date du jugement.

Les soldats B et C "sont désormais libres de retourner à leur base", a-t-il ajouté.

Le général Bill Dunham, commandant adjoint des Royal Marines, a jugé vendredi l'exécution de l'insurgé afghan "absolument choquante et consternante".

Il a dit avoir appris "avec un immense regret" qu'un Marine n'avait pas, "dans ce cas isolé, (...) fait face à ses responsabilités". "Ce que nous avons entendu au cours des deux dernières semaines n'est pas en accord avec les valeurs des Royal Marines (...). Cela n'aurait pas dû se produire et ne devrait pas se reproduire", a estimé le général.