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Fait excessivement rare, deux touristes belges ont été tués vendredi au Yémen dans ce qui ressemble à une action terroriste. Les autorités de Sanaa ont d'emblée évoqué la piste d'un groupe se revendiquant d'al Qaeda. Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ali Bakr Abdullah al Qirbi, a confirmé cette hypothèse dans un entretien téléphonique, dans la soirée, avec son homologue belge. Auparavant, Karel De Gucht s'était montré plus prudent. "Nous n'avons aucune piste réelle", a-t-il asséné, soulignant que la région était aussi connue pour ses "problèmes tribaux".

L'attaque a eu lieu dans l'Est du pays, dans le Wadi Hadramaout, à Wasi Do'an, sur la route reliant Sanaa, la capitale, à la cité de Shibam, une ville vieille de 500 ans, inscrite au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco. Ses gratte-ciel en terre ocre et blanc en font une destination touristique très appréciée.

C'est dans une véritable embuscade que les quinze touristes belges, répartis dans cinq véhicules, sont tombés. Un groupe d'hommes armés attendait le convoi derrière des arbres. Ils ont tiré sur les véhicules, ciblant principalement un minibus dans lequel deux touristes belges, un accompagnateur et le chauffeur ont été tués alors que quatre autres voyageurs étaient blessés. Les Belges tués sont deux femmes : Claudine Van Caille, 65 ans, de Bruges, et une autre personne dont l'identité n'avait pas été dévoilée vendredi soir pour permettre de prévenir la famille. Un autre belge, Patrick Coucke, 65 ans, également de Bruges, a été grièvement blessé. Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht a assuré que son rapatriement serait organisé le plus rapidement possible. L'ambassade belge à Ryad, en Arabie Saoudite, qui gère les relations avec le Yémen, et le consulat des Pays-Bas à Sanaa ont été alertés pour fournir toute l'assistance nécessaire aux victimes.

Des Belges enlevés

L'hypothèse terroriste avancée par les autorités yéménites semble plausible. Certes le Yémen est davantage connu pour ses enlèvements d'étrangers que pour leur assassinat. Ainsi, en octobre 1998, deux Belges avaient été victimes de cette "industrie" qui veut que des groupes tribaux utilisent cet instrument pour satisfaire des revendications négligées ou rejetées par le pouvoir central. Ils avaient été relâchés après quelques jours. Mais ces rapts avaient surtout pour théâtre le Nord-Ouest du pays.

L'enquête devra confirmer ou infirmer la thèse du terrorisme jihadiste. Un attentat en juillet 2007 contre des touristes espagnols a ravivé la crainte de la résurgence d'une branche locale d'al Qaeda après la répression efficace qui avait suivi les attentats du 11 septembre.

© La Libre Belgique 2008