Les Jeux olympiques auront profondément - et durablement - modifié la physionomie de Pékin. Outre la construction du village olympique et de spectaculaires infrastructures sportives, les autorités ont ouvert de gigantesques chantiers pour embellir la ville, y réduire la pollution et y faciliter les déplacements. Au grand dam de ceux qui auraient aimé qu'on préservât le souvenir du vieux Pékin, des quartiers entiers de hutong - ces allées traditionnelles dans lesquelles on circulait surtout à pied ou à vélo - ont été rasés pour faire place à des routes, des immeubles modernes et des centres commerciaux. Là où des pâtés de maisons s'entassaient entre deux rues parallèles, s'élancent désormais de vastes avenues arborées et agrémentées de parterres. Pour faire bonne mesure, les responsables pékinois ont entrepris de donner un nouvel éclat au patrimoine historique de la capitale en rénovant, par exemple, le célèbre quartier de Qianmen, l'ancienne ville tartare au sud de la place Tian'anmen.

Ce dont les Pékinois seront le plus heureux, cependant, c'est l'ouverture, pour cause de JO, de trois nouvelles lignes de métro dont une assurant la desserte - en une vingtaine de minutes depuis Dongzhimen - d'un nouvel aéroport, lui aussi commandé pour les Jeux. Bien que couvrant déjà 155 km avec 93 stations, le réseau existant était bien insuffisant pour satisfaire les besoins de l'immense capitale chinoise. La nouvelle ligne 10 comblera ainsi un vide en desservant enfin le nord et l'ouest de la ville pour relier la cité universitaire de Zhonguancun au quartier d'affaires de Jianguomenwai, en passant par le quartier diplomatique à San Li Tun. Six autres lignes sont en construction pour porter le réseau à 560 km et 420 stations en 2015. Les usagers se rappelleront alors difficilement que la première ligne de métro fut créée à Pékin à des fins militaires...