Une enseignante en histoire de l'académie de Limoges a été récemment écartée d'une offre de poste en classe préparatoire littéraire au motif que la charge de travail était trop importante pour cette "mère de famille", a-t-on appris de source syndicale, confirmant une information de Libération. Le quotidien livre mardi des extraits du courriel adressé par une inspectrice pédagogique régionale (IPR) à l'enseignante, surprise de ne pas avoir reçu de courrier indiquant qu'un poste en khâgne se libérait.

"Ce n'est pas un oubli de ma part, ce poste demande une énorme charge de travail très peu compatible avec le métier de mère de famille (même si les choses évoluent c'est très lent), je ne l'ai signalé qu'à des collègues hommes ou des collègues +femmes+ sans enfants", indique notamment l'inspectrice dans son courriel cité par Libération. "C'est sûrement une vision très passéiste, mais très réaliste", poursuit la fonctionnaire. Dans un communiqué, le recteur de l'académie de Limoges, Jean Bertsch, "condamne fermement la position exprimée" et précise "que ces propos relèvent d'une opinion personnelle de l'inspectrice dans un échange de mails". La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a également condamné la position de l'inspectrice et demandé au recteur de la convoquer, a déclaré le ministère à l'AFP.

Le recteur indique avoir reçu mardi l'inspectrice, qui a "reconnu avoir commis une maladresse", "pour lui demander des explications". "Heureusement, les conséquences sur le processus de nomination (...) sont nulles", poursuit le recteur, "les enseignants de classe préparatoire aux grandes écoles étant nommés par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche sur proposition de l'inspection générale de l'Education nationale", une "procédure qui garantit l'égalité d'accès devant les postes". Au sein des classes préparatoires de l'académie de Limoges, huit professeurs sur onze sont des femmes en lettres supérieures, et six sur dix en khâgne, note encore M. Bertsch qui rappelle que l'académie est "particulièrement exemplaire d'un point de vue des initiatives pour promouvoir l'égalité des chances". "C'est une honte, je suis outrée, en tant qu'enseignante et encore plus en tant que femme et mère de famille", a indiqué à l'AFP Marie-Pierre Cadario, secrétaire générale académique du Sgen-CFDT Limousin.

"Si la section académique du Snes a bien connaissance de cette situation, elle tient à faire savoir que ni la professeur concernée, ni la section académique (...) ne sont à l'origine de la diffusion du courrier de l'inspectrice" dans le quotidien, indique dans un communiqué le Snes-FSU de Limoges, ajoutant que l'enseignante "n'a jamais souhaité que cette affaire soit rendue publique". "Cette situation est une illustration, parmi d'autres, du fait qu'en terme de carrière, l'égalité hommes-femmes est loin d'être réalisée dans l'Education nationale", estime encore le syndicat.