Ingrid Betancourt a estimé samedi qu'une nouvelle candidature présidentielle en 2010 ne serait pas nécessairement la "meilleure option" pour elle. Interrogée sur France-3 sur la perspective de travailler avec l'actuel président Alvaro Uribe, elle a par ailleurs souligné qu'elle avait avec lui des "différences fondamentales". "Je veux être disponible pour la Colombie", a déclaré l'ancienne candidate à la présidentielle, enlevée par les FARC alors qu'elle faisait campagne en 2002, et libérée mercredi dernier. Mais "je ne sais pas si la meilleure option est celle d'une candidature présidentielle. Je pense qu'il y a d'autres moyens de servir mon pays, et peut-être de façon plus efficace". "La politique est une activité très changeante. En deux ans, beaucoup de choses peuvent se transformer", a-t-elle cependant ajouté.

A la question de savoir si elle pourrait collaborer avec l'actuel président, contre lequel la candidate verte avait fait campagne il y a six ans et demi, elle s'est dite "prête à servir la Colombie" et admirative de certaines des politiques de M. Uribe, tout en soulignant ses "différences fondamentales" avec le leader de la coalition conservatrice au pouvoir. "Je suis admirative de beaucoup de choses que le président Uribe a faites. Mais j'ai des différences fondamentales vis-à-vis du président Uribe", a-t-elle déclaré.

Après avoir assuré le jour de sa libération qu'elle aspirait toujours à la présidence de la Colombie, Ingrid Betancourt avait semblé plus prudente jeudi, disant vouloir "prendre une décision tranquille". "Je voudrais simplement trouver un moyen d'être utile", mais "il y d'autres façons de servir", avait-elle déjà déclaré sur France-2.

Outre d'éventuels engagements sur la scène colombienne, Ingrid Betancourt avait notamment déclaré qu'elle espère la création d'une "ligue, une organisation de paix nouvelle et qui se batte de façon fraternelle pour obtenir la liberté d'autres otages dans le monde".