Edward Snowden entame, ce lundi, sa troisième semaine dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo de Moscou - on espère qu’il pense à prendre des notes et songe à publier un livre relatant cette expérience sans précédent et hors du commun.

L’horizon pourrait, cependant, se dégager puisque, au cours du week-end, trois pays latino-américains ont offert l’asile politique au transfuge américain. Ce faisant, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua donnent libre cours à un penchant naturellement hostile aux Etats-Unis. On ne saurait nier, toutefois, qu’ils agissent ainsi contre leur propre intérêt, et pas un peu : Washington est le premier acheteur du pétrole vénézuélien, et le troisième client des économies bolivienne et nicaraguayenne. Une prévisible vengeance de l’Oncle Sam ferait donc mal au portefeuille.

Mais peut-être qu’à Caracas, La Paz ou Managua, on spécule secrètement sur le caractère très théorique de la main tendue à Snowden. Car la difficulté maintenant n’est pas tant de sortir l’ancien consultant de la National Security Agency de la capitale russe (on imagine que le Kremlin ne fera pas trop d’efforts pour le retenir), que de l’acheminer à bon port, en sachant que les Américains vont tout tenter pour l’intercepter.

Edward Snowden devra-t-il se déguiser en nonne italienne ou en Premier ministre français pour passer inaperçu ? Faudra-t-il le dissimuler dans une valise diplomatique ? Transitera-t-il par une centaine de pays, sous autant de noms d’emprunt et après presque autant d’opérations de chirurgie esthétique, pour qu’enfin la CIA perde sa trace et lâche prise?

Si pareils subterfuges s’avèrent vains, il reste au traître-héros une autre issue. En milieu de semaine dernière, la charmante espionne russe Anna Chapman, 31 ans, a proposé, sur Twitter, de l’épouser. Celle qu’on a surnommé "la nouvelle Mata Hari" avait été arrêtée à New York à la fin juin 2010 et fut expulsée quelques jours plus tard dans le cadre d’un échange de prisonniers digne de la guerre froide. Franchement, pour peu qu’on soit prêt à vivre en Russie (et à prendre le risque d’y croiser Gérard Depardieu), il y a pire comme nouvelle vie.