Selon le site internet du journal Paris Normandie, la professeur d'anglais de 56 ans d'un lycée de Rouen (nord-est de Paris) a demandé peu après le début des cours à ses élèves de terminale (année de passage du baccalauréat) une minute de silence à la mémoire de Mohamed Merah, tué jeudi à Toulouse par la police qui le recherchait pour l'assassinat de sept personnes.

Une partie des élèves a refusé et quitté la classe, selon le ministère de l'Education. Les représentants de cette classe ont alors écrit une lettre au chef de l'établissement pour relater les faits, courrier que publie Paris Normandie.

L'enseignante "a clairement dit que Mohamed Merah était une victime, que le lien avec Al-Qaïda avait été inventé par les médias et Sarko (le président Sarkozy). Elle a ajouté qu'il serait possible de faire une minute de silence pour cette victime", écrivent les élèves. "Voyant que nous étions en désaccord, elle nous a dit que nous devrions sortir, ce que 16 élèves sur une petite vingtaine ont fait, les autres sont restés en essayant de comprendre ses propos", ont-ils ajouté.

Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a demandé sa suspension immédiate et a condamné "sans réserve" un "comportement inqualifiable" Au lendemain de l'assassinat de trois enfants et un enseignant juifs devant une école juive de Toulouse, une minute de silence avait été observée mardi en leur mémoire dans les établissements scolaires du pays, à la demande de Nicolas Sarkozy.

Mohamed Merah, qui se réclamait d'Al-Qaïda et avait également tué quatre militaires dans les jours précédents, est mort jeudi sous les balles du Raid, l'unité d'élite de la police, après plus de 32 heures de siège de son appartement à Toulouse.