Les Vingt-Sept ont fait preuve dans la nuit de mercredi à jeudi d'une "très grande unité" pour proposer la nouvelle date limite du Brexit au 31 octobre, a affirmé le Premier ministre belge Charles Michel au terme d'un sommet extraordinaire à Bruxelles.

La différence de points de vue s'est seulement marquée sur la manière d'atteindre l'objectif d'une réduction du risque d'un Brexit dur, entre partisans d'un report long ou court, a assuré le chef du gouvernement belge.

"Il n'y a certainement pas eu d'irritation contre personne, ce fut une réunion sereine", a-t-il répondu aux journalistes, alors que le président français Emmanuel Macron avait adopté une ligne relativement dure pour s'opposer à un long report pourtant défendu par une majorité d'Etats membres.

Le délai maximal du 31 octobre a été choisi en référence à l'installation attendue de la nouvelle Commission européenne, le lendemain 1er novembre. Elle est aussi fondée sur l'expérience du passé: certains pays - comme la Belgique en 2014 - ont éprouvé des difficultés à désigner rapidement leur commissaire européen, a rappelé le Premier ministre.

M. Michel s'est réjoui des garanties inscrites dans les conclusions du sommet pour réduire les risques de perturbation des institutions européennes par les autorités britanniques.

"Des informations techniques et juridiques apportées par la Commission ont montré que les possibilités pour le Royaume-Uni de prendre en otage les institutions de l'Union sont très réduites. Mais nous devrons rester attentifs", a-t-il commenté.

Il relève notamment l'engagement de coopération loyale exigé du Royaume-Uni dans les traités ainsi que la possibilité pour les Vingt-Sept de discuter sans Londres de sujets qui entreront en vigueur après la date du Brexit, comme le budget pluriannuel ou l'avenir de l'Union.


Macron salue le "meilleur compromis possible"

Le président français Emmanuel Macron a quant à lui salué l'accord des 27 à Bruxelles sur le report du Brexit au 31 octobre comme "le meilleur compromis possible", qui a "permis de préserver l'unité des 27".

"La butée du 31 octobre nous protège" car c'est "une date clé, avant l'installation d'une nouvelle Commission" européenne, a expliqué le chef d'Etat français.

Il s'exprimait à l'issue d'un Conseil européen extraordinaire au cours duquel les 27 se sont mis d'accord, après plusieurs heures de difficiles tractations, pour ce report de six mois du Brexit, qui avait déjà été reporté du 29 mars au 12 avril.

"Il y a eu des sensibilités différentes" parmi les 27, dont une bonne partie souhaitaient "une extension longue", de l'ordre d'un an, a reconnu Emmanuel Macron.

Il a indiqué "assumer" ce "rôle de clarté" et de "fermeté", en soulignant qu'il n'aurait pas "été logique" de "donner une extension longue" aux Britanniques. Il s'agit, a-t-il expliqué, de "respecter le vote britannique" en faveur d'une sortie de l'Union européenne, et "de ne pas entraver le bon fonctionnement de l'UE".

L'Elysée a précisé que sa position de fermeté avait été soutenue par la Belgique, le Luxembourg, l'Espagne et Malte.

Selon le président français, la décision de participer ou non aux élections européennes du 26 mai "appartient aux Britanniques", mais il serait "baroque" de le faire tout en organisant le Brexit.


Theresa May: "Malgré le report, le Royaume-Uni peut encore quitter l'UE le 22 mai"

Malgré le nouveau report du Brexit au 31 octobre, le Royaume-Uni peut encore quitter l'Union européenne le 22 mai, a déclaré la Première ministre Theresa May lors d'une conférence de presse à Bruxelles dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Si nous arrivons à trouver un accord maintenant (...) nous pouvons encore sortir le 22 mai", a déclaré Mme May, en référence aux députés britanniques qui ont jusqu'ici rejeté l'accord de divorce qu'elle a conclu avec Bruxelles ainsi que toutes les alternatives qui leur ont été proposées.


"Le Royaume-Uni quittera l'UE le 1er juin s'il ne participe pas aux européennes"

Le Royaume-Uni doit participer aux élections européennes fin mai ou quitter l'UE le 1er juin sans accord de divorce, a déclaré dans un tweet le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Le Royaume-Uni prendra part aux élections ou devra sortir le 1er juin sans accord", a tweeté M. Varadkar après que les 27 et la Première ministre britannique Theresa May se sont mis d'accord pour reporter le Brexit au plus tard au 31 octobre.


Verhofstadt: "J'espère que le cauchemar s'achèvera bien avant Halloween"

Le coordinateur du Parlement européen sur le Brexit Guy Verhofstadt espère "que le cauchemar s'achèvera bien avant Halloween", a-t-il indiqué sur Twitter.

L'ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, espère en tout cas que cette date butoir ne sera pas atteinte. "Une révocation de l'article 50, une consultation de la population ou un deal intelligent allant au-delà des clivages partisans. Quel que soit le choix du peuple et du parlement britanniques, j'espère que le cauchemar du Brexit s'achèvera bien avant Halloween", a-t-il lancé.