Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a prédit jeudi que les élections européennes de 2014 seraient "extrêmement difficiles" en raison de la montée des populismes, mais qu'il y aurait "toujours une majorité" pro-européenne.

"Ce sera une élection extrêmement difficile", a déclaré M. Van Rompuy lors du débat d'ouverture des Journées du de Bruxelles du Nouvel Observateur. "Il y aura toujours une majorité suffisante pour défendre la cause européenne, mais dans des circonstances plus difficiles que par le passé", a-t-il dit.

Il a jugé nécessaire que les "Européens convaincus défendent" cette cause, en souhaitant un "effet d'entraînement" de la part des dirigeants européens. "Sinon j'ai peur", a-t-il ajouté.

L'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, a reconnu que "l'état de l'opinion n'est pas favorable à un résultat positif". Mais il table néanmoins sur un "réflexe de responsabilité" de la part des électeurs.

Dans une interview publiée par le Nouvel Observateur et deux quotidiens belges, Le Soir et De Standaard, le président français François Hollande a déclaré que le Parlement européen pourrait, en mai prochain, "être pour une large part composé d'anti-européens", ce qui "serait une régression et une menace de paralysie". "Face aux extrémismes, le mieux est de relever la tête", a-t-il ajouté.

Dans un contexte de poussée de l'extrême droite en France, un sondage Ifop pour le Nouvel Observateur a donné mercredi pour la première fois le Front national en tête des intentions de vote pour les élections européennes, avec 24%.

De son côté, l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, a évoqué la volonté des partis politiques européens, notamment les socialistes et les conservateurs du PPE, de désigner une tête de liste qui serait ensuite leur candidat à la présidence de la Commission.

En vertu du traité de Lisbonne, le choix du futur président de la Commission doit refléter les résultats des élections européennes. Mais il reste désigné par les chefs d'Etat et de gouvernement, qui ne se sont pas engagés sur le projet des partis.

Affirmant que plusieurs chefs de gouvernement lui avaient manifesté leur embarras concernant une telle procédure, M. Delors a fait valoir le risque de "déception" des opinions publiques, et même de "clash" si les dirigeants européens ne choisissent pas la tête de liste du courant arrivé en tête des élections.