Le ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere (CD&V) s'est déclaré lundi, au micro de la VRT, "inquiet" des violences en Libye, mais jugé "ridicule" la menace proférée par Mouammar Khdhafi de cesser toute coopération avec l'UE en matière de lutte contre l'immigration illégale.

A quelques heures du début d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères ce lundi à Bruxelles, le chef de la diplomatie belge a estimé qu'il n'était pas opportun d'attaquer directement la personne de Kadhafi. "Cela permet d'entretenir l'idée de conspiration internationale, et cela ne peut avoir que des effets contraires à ceux poursuivis".

Le ministre belge a reconnu que la Libye était un pays particulier pour l'Union européenne. "Beaucoup de réfugiés qui tentent de rallier l'Europe sont retenus en Libye. La menace proférée à présent par Kadhafi d'ouvrir les robinets rend beaucoup de gens nerveux. Mais c'est une menace ridicule", selon M. Vanackere.

Interrogé sur le soutien belge à l'attribution à la Libye d'un siège au conseil des droits de l'Homme des Nations unies, le ministre reconnu qu'il s'agissait d'une "décision boîteuse, difficile". "C'était lié à la candidature d'autres pays. Mais la conséquence, c'est que pour la première fois, un rapport critique sur la situation des droits de l'homme en Libye a pu être publié".

Interrogé sur La Première, le sénateur Rik Torfs (CD&V) a, lui, sévèrement critiqué la vente d'armes wallonnes au régime de Kadhafi, et leur usage éventuel contre la rébellion populaire en cours. "L'argent est plus important que les vies humaines", a-t-il notamment déploré. "Cela fait partie de notre monde cynique. Il faut combattre cela".