La famille a connu des évolutions historiques mais jamais son "génome", celle d'être formée par un homme, une femme et des enfants ne devrait être perdu, a observé lundi Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, dans une allusion au mariage gay.

"L’Église connaît le prix des fragilités familiales qui est surtout payé par les enfants (nés ou non), les personnes âgées, les malades. Des transformations, importantes même, de l'institution familiale ont eu lieu à différentes époques, mais jamais on n'a abandonné son 'génome', c'est-à-dire une institution formée par un homme, une femme et des enfants", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

Le parlement français a commencé à approuver un projet légalisant le mariage gay, auquel s'oppose l’Église et des représentants d'autres religions.

"Une véritable réflexion culturelle et une défense plus vigoureuse de la famille s'imposent pour la mettre au centre de la politique, de l'économie, de la culture, dans les différents pays comme dans les institutions internationales, en impliquant aussi les chrétiens des autres traditions religieuses et les hommes de bonne volonté. C'est une frontière qui concerne les fondements de la société humaine", a estimé le prélat italien.

Mgr Paglia, de la communauté de Sant-Egidio, dirige depuis l'an dernier l'important ministère de la famille, et aborde cette problématique avec un esprit et un vocabulaire plus ouverts que ses prédécesseurs.

"Nous ne devons pas oublier, a-t-il remarqué, que la famille reste en tête des désirs de la grande majorité des jeunes". Mais elle est "malmenée par une culture qui lui est opposée. Il existe une course à l'individualisme qui la fissure. (...) Son éclatement est le premier problème de la société".

Mgr Paglia a observé que "l'histoire contemporaine a été conçue comme une libération de tout lien: liens avec les autres, donc la famille, responsabilité envers l'autre", a-t-il reconnu.