Des représentants de pays traversés cette année par des tensions ou conflits devaient porter la croix vendredi soir au Colisée, à la traditionnelle "Via Crucis" célébrée chaque année le Vendredi Saint, a indiqué le Vatican.

Deux religieuses irakiennes, deux Franciscains de Terre Sainte, deux Syriens, deux Nigérians, deux Egyptiens et deux Chinois porteront notamment la croix lors d'une des 14 stations.

Des dizaines de milliers de fidèles et de curieux, avec souvent des bougies à la main, étaient rassemblés dans la nuit, au moment où le pape, tout vêtu de blanc, est arrivé en voiture vers 19H10 GMT devant l'immense amphithéâtre flavien.

Le pape de 78 ans devait présider cette cérémonie, sans porter la croix lui-même. Il devait prendre place, assis, sous un grand dais rouge surélevé.

Ce parcours de la "via Crucis" fait revivre le calvaire de Jésus depuis sa condamnation à mort jusqu'à sa cruxifixion, sa mort et sa mise au tombeau.

La méditation a été rédigée cette année par un évêque italien, Renato Corti, qui s'est mis dans la peau de Jésus pour essayer d'exprimer ce qu'il ressentait dans ses dernières heures.

Traditionnellement, la "Via Crucis" est l'occasion d'évoquer les souffrances des hommes d'aujourd'hui.


Le Pape dénonce l'indifférence face aux persécutions anti-chrétiennes

"L'inquiétante indifférence" des responsables occidentaux face à la persécution des chrétiens dans le monde a été dénoncée fortement vendredi, lors de l'office de la Passion dans la basilique Saint-Pierre, à l'occasion du Vendredi Saint. Cette office solennel présidé par le pape François commémore chaque année le procès, la montée au calvaire et la crucifixion de Jésus à Jérusalem, célébrée le Vendredi Saint.

Condamnant "la furie jihadiste des extrémistes somaliens" contre des étudiants kényans qui a fait 147 morts jeudi, le prédicateur de la Maison pontificale, le franciscain Raniero Cantalamessa a mis en garde les Occidentaux: "Nous risquons tous --institutions et personnes du monde occidental-- d'être des Ponce Pilate qui se lavent les mains" du sort des chrétiens.

"Les chrétiens, a remarqué le prédicateur, ne sont certainement pas les seules victimes des violences homicides dans le monde, mais on ne peut ignorer qu'ils sont les victimes désignées et les plus fréquentes dans de nombreux pays."

"Qui a à coeur le sort de sa propre religion ne peut demeurer indifférent à tout cela", a-t-il souligné, en écho à des déclarations récentes du pape qui avait reproché à la communauté internationale de "vouloir cacher" les persécutions contre les chrétiens.

Le père Cantalamessa a aussi mentionné les 21 coptes égyptiens morts assassinés en février dernier par un groupe djihadiste en Libye "en "murmurant le nom de Jésus", a-t-il relevé.

Au début de la célébration, le pape François, vêtu d'une chasuble rouge, s'est étendu pour une prière sur le sol de la basilique, devant l'autel majeur, pendant que l'assemblée priait en silence.

Le matin même, François avait condamné la "brutalité insensée" de l'attaque menée par des islamistes shebab, dans un télégramme au président de la conférence épiscopale kényane, le cardinal John Njue.