Lors de son intervention remarquée au Parlement européen ce mercredi, Guy Verhofstadt, le président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, a pris à partie Alexis Tsipras, le Premier ministre grec.

"Vous voyez, Monsieur Tspiras. Vous n'avez rien à craindre du Parlement européen. Vous aviez d'abord refusé de venir. Je me disais: 'Qu'un grand démocrate comme vous ait peur d'un débat, ça ne peut pas être vrai. Et vous êtes là aujourd'hui. J'en suis ravi", lance-t-il d'emblée avant de rentrer dans le vif de sujet.

"Depuis 5 ans, et surtout ces derniers mois, nous marchons lentement vers le Grexit. Maintenant, nous courons même vers cette éventualité les yeux grands ouverts", a lâché très énervé l'ancien Premier ministre belge. "Ce n'est pas vous qui allez payer l'addition, ce sont les Grecs ordinaires! Vous voulez un Grexit? Ce n'est certainement pas le souhait de 80% de votre population!"

Verhofstadt a prévenu son interlocuteur: "Je vais être très clair avec vous: cessez de parler de réformes, d'affirmer vos intentions, ce qu'il faut, ce sont des réformes concrètes, un calendrier précis, un plan! Les intentions, c'est terminé!"

"Fini les privilèges"

Le libéral insiste sur la nécessité de réduire les effectifs dans les services publics et de lancer des propositions concrètes pour en finir avec le clientélisme et la corruption, accusant au passage le parti de gauche radicale Syriza de suivre les pas de ses prédécesseurs dans les pratiques et nominations politiques. Il plaide aussi pour la transformation des banques publiques en un système financier privatisé et assaini. Enfin, il appelle à ouvrir le marché de l'emploi aux  jeunes. "Nous avons besoin de savoir quand de telles mesures pourraient enfin être prises", a lancé Verhofstadt.

Après avoir énuméré cinq réformes qu'il voudrait voir mises en oeuvre par le gouvernement grec, le libéral a déclaré : "Cessez de parler de réformes, faites-le!".

Le chef de groupe a aussi mis en garde Alexis Tsipras sur le besoin de mettre un terme aux privilèges des "armateurs, de l'église orthodoxe, des militaires, des îles grecques et des partis politiques... dont le vôtre!".

"Montrez que vous êtes un réel leader politique et non un faux prophète!" a conclu Verhofstadt.


Tsipras devant les parlementaires

Le premier ministre grec s'est engagé à présenter des réformes concrètes et crédibles dès ce jeudi à ses créanciers.

Le premier ministre grec a également répondu à Guy Verhofstadt.