L'ancien chef de la police congolaise, le général John Numbi, a démenti mardi par le biais de son avocat bruxellois toute implication dans les attaques menées lundi contre plusieurs sites importants dans trois villes de la République démocratique du Congo (RDC), dont la capitale, Kinshasa. Le général Numbi "conteste avec la plus grande vigueur et fermeté toute implication quelconque dans ces événements", a-t-il affirmé dans un communiqué adressé à l'agence BELGA.

L'ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise (PNC) réagissait à un commentaire diffusé par la RTBF-télévision lundi soir et qui le citait comme "l'un des commanditaires potentiels" des attaques qui ont fait plus d'une centaine de morts dans plusieurs villes de RDC.

"Tant les propos tenus lors du reportage de la RTBF que le montage des images diffusées lorsque ces propos étaient tenus ont un caractère calomnieux et diffamatoire", ajoute cet ancien proche du président Joseph Kabila.

Il reproche également à la RTBF de n'avoir "à aucun moment cherché à prendre contact" avec lui, ce qui constitue à ses yeux "un manque grave à la plus élémentaire déontologie journalistique", dans ce communiqué transmis par l’intermédiaire de son avocat, Me Emmanuel De Wagter.

Le général Numbi a été suspendu après sa mise en cause dans l'assassinat au printemps 2010 du directeur exécutif de l'ONG de défense des droits de l'Homme, La Voix des sans voix (VSV), Floribert Chebeya Bahizire, et de son chauffeur, Fidèle Bazana Edadi. Il a été révoqué samedi par le président Joseph Kabila qui a nommé le général Charles Bisengimana pour lui succéder.

Les militaires belges de Kindu pas inquiétés

La petite trentaine de militaires belges déployés près de Kindu, le chef-lieu de la province du Maniema (est de la République démocratique du Congo) n'ont pas été inquiétés par l'attaque menée lundi par des assaillants armés contre l'aéroport de cette ville, a-t-on assuré mardi de source militaire. Un petit contingent belge séjourne depuis des mois à Kindu où des instructeurs belges ont assuré par périodes, depuis 2008 et jusque fin novembre, la formation de trois bataillons d'élite (les 321ème, 322ème et 323ème) de l'armée congolaise, affectés Unités de réaction rapide (URR) des Forces armées de la RDC.

Après le retour en Belgique du gros des troupes - jusqu'à 250 militaires belges - un petit détachement est resté sur place pour fournir un appui à la rénovation du camp de Kindu, un projet baptisé Famiki dans le cadre du Programme de Partenariat militaire (PPM) belgo-congolais. Ce camp est rénové avec des crédits de la Coopération au Développement belge. La main d'oeuvre est fournie par des militaires du génie congolais formés au cours des dernières années par la Belgique.

Cette trentaine de personnes n'ont pas été inquiétées par l'attaque menée lundi contre l'aéroport de Kindu, situé à une quinzaine de kilomètres du camp, a indiqué un porte-parole militaire interrogé par l'agence Belga.

Selon le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, "à Kindu, un petit groupe de rien du tout a essayé de désarmer deux ou trois gardes au niveau de l'aéroport, ils ont été neutralisés". "Donc il n'y a pas eu d'événement majeur", avait-il affirmé lundi lors d'une visite sur les sites ciblés par des attaques à Kinshasa.