S'ils étaient certains de ne pas être inquiétés par la justice, ces étudiants se disent capables de passer à l'acte. Même si l'échantillon de l'enquête est dérisoire, ce constat est affolant. Elle pose également la question de savoir si ces jeunes sont conscients des réalités d'un viol.

Alors que les campagnes contre les agressions sexuelles battent leur plein dans les universités américaines, près d'un étudiant sur trois affirme pouvoir violer une femme si personne ne l'apprenait et s'il ne doit pas en subir les conséquences. C'est en tout cas ce que démontre une étude réalisée par des psychologues de l'université Nord-Dakota. Même si elle ne constitue en rien une conclusion définitive vu la taille dérisoire de l'échantillon (73 étudiants), son résultat est tout de même alarmant. Et la question mériterait d'être approfondie.

Violer ou forcer aux relations sexuelles, une différence?

Ce qui est inquiétant, c'est que ces jeunes ne semblent pas connaître la réalité du viol. Ainsi, 31% des étudiants interrogés ont répondu être capables de « forcer une femme à avoir un rapport sexuel ». Mais lorsque la question comporte les mots « violer une femme », ils ne sont plus que 13,6%. Et pourtant, l'acte reste le même, ce sont juste les termes qui changent.

Autre constat: les étudiants qui n'ont pas caché cette « intention de violer » manifestent de nombreuses attitudes hostiles et irrespectueuses envers le sexe opposé. Par contre, ceux qui se disent prêts à « utiliser la force » ne présentent pas ce comportement. Selon les chercheurs, ces personnes considèrent les femmes comme « des objets sexuels passifs. Du coup pour eux, l'agression sexuelle devient normale et est perçue comme l'expression de leur masculinité ».

Vers la banalité du viol

Malheureusement tout ces éléments contribuent à ce qu'on appelle la « culture du viol » sur les campus américains. Les victimes ne portent pas plainte, les rapports sexuels forcés se banalisent, on minimise totalement ce crime. Pour lutter contre ce fléau, les psychologues suggèrent des programmes d'éducation qui mettent l'accent sur ce qu'est le consentement sexuel et pour encourager les relations saines. Cette solution aura, d'après eux, plus d'impact qu'une campagne d'information qui ne touche pas nécessairement ces hommes.