Le ministre indien des Affaires étrangères, Salman Khurshid, a estimé mardi qu'il fallait écouter la colère de la population ravivée par une nouvelle affaire de viol sur une fillette de cinq ans, admettant que "quelque chose de terrible" est en train de se produire dans la société.

L'enlèvement et le viol d'une fillette pendant près de deux jours la semaine dernière à New Delhi a rallumé la colère d'habitants écoeurés par la répétition de faits divers sordides, quelques mois après la mort d'une étudiante décédée des suites d'un viol collectif dans un autobus.

Plusieurs manifestations se sont déroulées au cours du week-end dans la capitale fédérale sur fond de critiques à l'encontre de la police, accusée de ne pas prendre en compte la souffrance des victimes d'agressions sexuelles.

Dans un entretien à la chaîne d'informations NDTV, le chef de la diplomatie indienne a estimé que les autorités devaient écouter ce que les manifestants avaient à dire, au lieu de s'opposer à eux comme c'est en général le cas. "Nous devons considérer les manifestations comme partie intégrante de notre engagement démocratique. Nous ne pouvons être irrités lorsque quelqu'un manifeste (....), nous devons être sensible à la colère de la population", a admis M. Khurshid.

"Quelque chose de terrible se passe dans notre société. Il faut l'analyser, il faut l'étudier, il faut l'exposer", a-t-il plaidé.

Depuis le début de la semaine, des fourgons des forces de l'ordre sont stationnés dans le centre de la capitale, près d'India Gate, où avaient défilé en décembre des centaines d'habitants après la mort de l'étudiante.

Evoquant le viol de la fillette de cinq ans, toujours hospitalisée, le Premier ministre, Manmohan Singh, a dénoncé dimanche "une agression cruelle" qui nous "rappelle le besoin de travailler collectivement pour éradiquer cette sorte de perversion de notre société".

L'Inde a entamé un examen de conscience après la mort d'une étudiante de 23 ans le 29 décembre, treize jours après avoir été violée et battue par six hommes dans un autobus de la capitale.

La nature particulièrement sauvage de l'agression a profondément choqué le pays et a suscité un débat sur les violences faites aux femmes et sur l'apathie de la police et de la justice face aux auteurs.