Vladimir Poutine fera une sorte de pénitence de Canossa pour rencontrer son nouvel homologue français, Emmanuel Macron. Il se rendra le 29 mai prochain à Versailles, lieu de l’exposition qui marquera le 300e anniversaire de la visite de Pierre le Grand en France et l’établissement de relations diplomatiques entre Paris et Moscou.

Cette situation qui contraint le chef de l’Etat russe à rechercher les grâces du président français fait suite au soutien ouvert, voire démonstratif, que le Kremlin avait accordé en mars dernier à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen. Cela sans parler des tonnes de calomnies humiliantes que la propagande russe avait déversées sur M. Macron entre les deux tours de la présidentielle.

Rappelons qu’en octobre dernier la visite de Vladimir Poutine à Paris avait été décommandée après que, dans une interview télévisée, François Hollande eut émis des doutes sur l’utilité des rencontres avec le président russe. Cette fois, officiellement, M. Poutine se rend à Paris "pour faire la connaissance du président français" et discuter avec lui des relations bilatérales et des problèmes brûlants de la situation internationale.

Emmanuel Macron devrait y trouver aussi son compte. Le politologue russe Evgueni Ossipov pense qu’à la veille des élections législatives sa rencontre avec son homologue russe plaira à l’électorat de droite. Cela sans oublier que, avant de voir M. Poutine, M. Macron assistera au sommet de l’Otan à Bruxelles et à celui du G7 en Italie, et il n’est pas exclu qu’il joue le rôle de l’interprète de la position collective de l’Occident vis-à-vis de la Russie.

Cela pour autant qu’aucune surprise ne vienne bouleverser ce scénario. Bien entendu, aucun officiel russe n’envisage, même officieusement, cette possibilité. Mais ils espèrent, dans leur for intérieur, que Donald Trump voudra prendre un raccourci et rencontrer Vladimir Poutine en marge du sommet de l’Otan ou du G7. Vu le comportement imprévisible du président américain, cette éventualité ne semble pas absolument impossible.