L'homme tué à Milan lors d'un contrôle de routine effectué par la police italienne est sans l'ombre d'un doute le Tunisien Anis Amri, suspect de l'attentat au camion bélier commis lundi soir sur un marché de Noël à Berlin, a indiqué vendredi le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti, lors d'une conférence de presse au Palais du Viminal à Rome.

Une information confirmée peu de temps après par l'Etat islamique via son agence de propagande.

Le ministre Minniti a tenu à remercier les forces de l'ordre pour leur intervention et a indiqué qu'un agent a été blessé "sur des zones non vitales". "Il est actuellement hospitalisé, mais ses jours ne sont pas en danger. L'autre agent n'a pas été blessé", a précisé M. Minniti. Il a également assuré que l'opération s'était déroulée en "totale sécurité" et que seuls les policiers avaient pris des risques.

Anis Amri a été interpellé lors d'un contrôle de routine devant la gare de Sesto San Giovanni (Milan) vers 3h00 du matin vendredi, parce qu'il avait un comportement suspect. Lors de ce contrôle, il a sorti "sans hésiter une arme et a tiré sur l'agent qui lui avait demandé ses papiers", a poursuivi Marco Minniti.

Anis Amri "avait très peu d'effets personnels sur lui, aucun papier, c'était un fantôme", a déclaré le préfet de police de Milan Antonio de Iesu. "Il n'avait pas sur lui d'autre arme (que le pistolet avec lequel il a fait feu), ni de téléphone, seulement un petit couteau et quelques centaines d'euros", a déclaré M. de Iesu lors d'une conférence de presse. "Il s'agissait juste d'un contrôle sur le territoire. Cela peut sembler paradoxal et ça l'est, nous ne savions pas qu'il s'agissait d'un tueur", a poursuivi le préfet de police en précisant qu'Anis Amri "était un maghrébin comme il y a en a beaucoup dans la région de Milan".

Selon plusieurs médias, rapportant des informations policières, Anis Amri serait arrivé à Milan en train via la France puis Turin. Selon Sky TG24, l'arme qu'il a utilisée en Italie est du même calibre que celle employée pour tuer le chauffeur du camion polonais.

Le chef de l'Office fédéral de police criminelle (Bundeskriminalamt en allemand, BKA) a indiqué, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand de l'Intérieur, qu'Anis Amri avait des liens avec le recruteur islamiste Abu Walaa, arrêté en Allemagne en novembre dernier. Il n'a pas donné davantage de précision.

Le Tunisien de 24 ans était soupçonné d'être le tueur du camion-bélier qui a tué 12 personnes et blessé plusieurs dizaines d'autres lundi soir à Berlin. L'attentat a été revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Anis Amri était arrivé en Europe en février 2011 en passant par l'Italie. Il a passé près de quatre ans dans une prison italienne, jusqu'en 2015, avant de se rendre en Allemagne. Les polices européennes avaient lancé une chasse à l'homme pour retrouver le Tunisien, dont les empreintes digitales et une pièce d'identité avaient été retrouvées dans le camion.


Voici le compte rendu de la conférence de presse: