A l'heure actuelle, l'hypothèse d'un attentat s'écarte. Pour le secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble, il est de plus en plus probable que les deux personnes qui voyageaient avec des passeports volés n'étaient "pas des terroristes", mais plutôt des jeunes migrants. Une chose est certaine, les conditions météorologiques étaient favorables. Alors que s'est-il passé à bord du Malaysia Airlines? Est-ce possible de perdre toute trace d'un avion en plein vol? "La perte de contact avec un avion tel que le B777 est fort improbable; il y a assez de systèmes disponibles (tels radio, radar) assurant la redondance à bord de l'avion et dans les services de contrôle aérien pour maintenir le contact. Mais, il faut bien sur que l'avion se trouve dans la zone de couverture.", explique Vasantha Fagard, porte-parole au SPF-Mobilité (qui comprend une cellule aéronautique).

Cette curieuse disparition rappelle le crash du vol Rio-Paris en 2009. S'il avait fallu près d'une semaine pour détecter des débris et deux ans pour retrouver les boîtes noires, des signes de l'AF447 avait été perçus via les messages automatiques ACARS (anomalies, pannes, arrêt du système). Du côté de Malaysia, de telles transmissions ont peut-être eu lieu, mais la compagnie ne communique pas à ce sujet. "Une perte de contact peut s'expliquer soit par une interruption brutale des communications à la suite d'une panne, soit par un manque de communication, parce que les personnes pouvant communiquer sont occupées à autre chose (faire voler l'avion, comme dans le cas du Rio-Paris)."

Un demi-tour curieux

Les derniers contacts radar indiquent que le Boeing était en plein virage peu avant de disparaître des écrans. Est-ce que cette manoeuvre était prévue sur le plan de vol? L'avion a-t-il tenté de faire demi-tour? "Si l'avion entamait un demi-tour observé sur l'écran radar, il est très difficile de juger les conséquences et raisons de cette manoeuvre. Nous ne disposons pas d'informations sur les détails et paramètres de vol démontrés sur les écrans du centre de contrôle qui avait l'avion sous son contrôle. Il est donc difficile de se former une image exact des faits. Néanmoins, il devrait être possible de déterminer la dernière position connue de l'avion à l'aide des images radar pour autant que l'avion se trouve dans la zone de couverture du radar (latérale et verticale) ", souligne Vasantha Fagard. 

Une défaillance technique?

Le Boeing 777 est un long-courrier très fiable. Mis en service en 1995, son système de sécurité a été renforcé l'an dernier suite au seul accident mortel de ce type d'appareil en juillet à l'aéroport de San Francisco (trois morts). Des incidents liés à une dislocation de l'avion ou une dépressurisation de la cabine restent peu probables sur des appareils modernes. Les enquêteurs "peinent à trouver des éléments matériels", explique à l'AFP Chris de Lavigne, vice-président du cabinet de conseil Frost & Sullivan, spécialiste d'aéronautique. "Pourtant, ajoute-t-il, le golfe de Thaïlande, où l'avion aurait pu s'abîmer compte tenu de sa trajectoire, est un lieu de trafic maritime dense". Doit-on donc s'attendre à découvrir très prochainement des débris de l'avion disparu?