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Human Rights Watch a critiqué mardi le Zimbabwe pour ne pas avoir poursuivi en justice les auteurs de meurtres et tortures qui ont marqué la réélection du président Robert Mugabe en 2008, mettant en garde contre le risque de nouvelles violences au prochain scrutin.

L'organisation de défense des droits de l'homme ajoute dans un rapport que, deux ans après l'accord de partage de pouvoir pour mettre fin aux tueries, des membres des forces de sécurité et des alliés du parti présidentiel, la ZANU-PF, continuaient à arrêter, torturer et tuer des opposants en toute impunité.

"Il y a peu ou pas de mise en cause pour ces crimes", dit HRW. "Le gouvernement ne fait pas véritablement d'effort pour enquêter encore moins prendre des mesures de discipline ou poursuivre les personnes responsables", ajoute l'organisation.

Le rapport parait au moment où M. Mugabe cherche à organiser des élections cette année pour mettre fin à la difficile cohabitation avec son rival Morgan Tsvangirai devenu son Premier ministre en février 2009.

Selon HRW, le gouvernement de la ZANU-PF a été responsable "au plus hauts niveaux" pour les attaques de partisans de M. Tsvangirai et de son Mouvement pour le changement démocratique (MDC) qui ont fait jusqu'à 200 morts et 36.000 déplacés au moment de la dernière élection.

Le rapport note que les victimes vivent souvent près de leurs agresseurs et restent sous la menace de nouvelles violences.

Une victime, Tendai L, déclare que sa famille vit dans la peur de ses voisins qui ont tué ses parents en juin 2008.

"A la prochaine élection, ils recommenceront parce qu'ils n'ont pas été arrêtés", dit-il.

Daniel Bekele, responsable du HRW pour l'Afrique, appelle le gouvernement d'union à punir les responsables des violences de 2008 avant les nouvelles élections.

"Le Zimbabwe ne pourra pas organiser des élections libres, justes et crédibles s'il ne rétablit pas l'Etat de droit et ne met pas fin à l'impunité pour les graves violations des droits de l'homme", dit-il alors que des signes d'un renforcement de la répression sont apparus récemment dans la perspective d'un prochain scrutin.