Un label contre le travail des enfants

Le Parlement européen a décidé l'année dernière d'autoriser le remplacement de 5 pc du beurre de cacao par d'autres matières grasses végétales - moins chères - dans la fabrication du chocolat.

Cette mesure a provoqué une véritable levée de boucliers dans notre pays et a donné lieu, à l'initiative du gouvernement, à la création d'un label de qualité - Ambao -, par lequel les fabricants peuvent attester qu'aucune matière grasse végétale n'a été ajoutée à leur produit.

Ce label n'a toutefois connu jusqu'à présent qu'un succès mitigé. Seules 11 des 400 entreprises chocolatières de notre pays l'utilisent actuellement. Afin de promouvoir ce label, une campagne de publicité a démarré cette semaine dans la presse, a indiqué Rudy Liekens, secrétaire de la «Traditional and Quality Chocolate Association », l'asbl responsable de l'attribution de ce label.

D'autres travaux existent également dans notre pays et visent à mettre en place un label social pour les produits en provenance de pays en voie de développement. Une proposition de loi en ce sens a été approuvée aujourd'hui/jeudi par la Chambre des représentants.

Ce label ne sera accordé qu'à des produits dont la fabrication répond à cinq critères: interdiction du travail forcé et du travail des enfants, interdiction de toute discrimination, respect de la liberté syndicale et de la concertation collective.

Il y a trois ans, 198 Etats se sont engagés aux côtés de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) à respecter ces critères. Néanmoins les conventions de l'OIT n'ont pas de caractère contraignant. Dirk Van der Maelen (SPøA), promoteur de la proposition de loi belge, espère qu'un tel label encouragera certains Etats à respecter ces droits fondamentaux.

Ainsi, le secteur du cacao en Côte d'Ivoire recourt-il abondamment au travail forcé des enfants. Selon les autorités américaines, environ 15.000 enfants, âgés de 9 à 12 ans et originaires du Mali, du Burkina-Faso, du Bénin et du Togo, travaillent dans les plantations de cacao, de café et de coton du nord de la Côte d'Ivoire.

Ce phénomène est particulièrement important dans l'industrie du cacao, selon Wendel Trio, des Magasins du Monde-Oxfam.

Pour mettre fin au travail des enfants dans l'industrie du chocolat, l'industrie chocolatière américaine a signé début octobre avec le gouvernement ivoirien un plan de 4 ans visant à éliminer l'escalavage des enfants dans la production de cacao en Afrique de l'ouest. (BELGA)

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