Pêcheries miraculeuses

A Watermael-Boitsfort, l'endroit fut longtemps laissé en friche, vaste terrain vague bordant un long étang. Depuis l'endroit a été aménagé: le parc régional de la Héronnière est aujourd'hui un des espaces verts les plus agréables de la commune bruxelloise, qui n'en manque pourtant pas. A l'une des entrées du parc, ont trouvé à se loger «Les Pêcheries».

Laurent Hoebrechts

A Watermael-Boitsfort, l'endroit fut longtemps laissé en friche, vaste terrain vague bordant un long étang. Depuis l'endroit a été aménagé: le parc régional de la Héronnière est aujourd'hui un des espaces verts les plus agréables de la commune bruxelloise, qui n'en manque pourtant pas. A l'une des entrées du parc, ont trouvé à se loger «Les Pêcheries». Ce n'était pas une gageure: l'endroit, un ancien café-laiterie centenaire, incendié et abandonné pendant 10 ans, faisait peine à voir. Transformé en restaurant il y a 5 ans - l'anniversaire sera fêté le 21 juillet prochain par un bal populaire -, le lieu est rapidement devenu une des toutes bonnes adresses du quartier.

La situation n'y est pas pour rien: en bord de parc, les jours de soleil, la terrasse est rapidement envahie. A l'intérieur, la déco est singulière. Sur les hauts murs, sont accrochés des équipements sportifs en tous genres: maillots de rubgy, raquettes,... jusqu'à l'aviron pendu au plafond! On peut s'attendre à une performance? Le chef, Nicolas Carlier, prévient tout de même: à la vitesse, il préférera toujours la qualité du service et des mets préparés. On ne peut que lui donner raison, quand bien même la précaution était inutile: le service, ce soir-là, sera aussi rapide qu'efficace.

Il a pourtant fort à faire: ouvert sept jours sur sept, midi et soir, le restaurant voit défiler les publics (des eurocrates les midis de la semaine jusqu'aux familles le dimanche, les enfants bénéficiant d'ailleurs d'une carte tout à fait honorable). Qu'est-ce qui fait courir tout ce monde? Une cuisine de brasserie élégante et raffinée, sans prise de tête mais préparée avec des produits frais. Les champignons au pistou, en entrée, remplissent ainsi parfaitement leur rôle, en donnant un maximum de saveurs avec le minimum d'effets.

LA SUITE

est à l'avenant: pas de nom ronflant, mais une assiette aussi soignée que copieuse. Le magret de canard avec son croquant de parme se fait simplement accompagner d'une purée de pommes de terre et tomates au thym, et c'est succulent. La croustade de saumon au pesto et pâtes fraîches est tout aussi convaincante.

Question vin, la liste est assez vaste pour que chacun y trouve son compte, le patron proposant en particulier trois breuvages du pays d'Oc, au cm ou à la bouteille. A noter: «Les Pêcheries» explorent tous les deuxièmes jeudis du mois les vins d'une région (il y a eu le Sud-Ouest, l'Espagne, dernièrement le Maroc...). La formule est simple: 30 € pour la mise en bouche, l'entrée, le plat et le dessert, le vin - présenté par un invité du territoire à l'honneur - étant vendu au prix coûtant. Autant dire qu'il convient de réserver...

La carte des desserts oblige à continuer le repas, par exemple, avec sa tarte tatin réchauffée au four, accompagnée de sa boule de glace vanille. Un classique rondement mené. Surtout, les amateurs de thé auront du mal à choisir entre les différentes propositions: les bêtises du dragon, la tisane babouchka, le son des clochettes...

Bilan? Alliant cuisine de brasserie soignée et prix raisonnables, mélangeant les publics, «Les Pêcheries» jouent à l'équilibriste. Et cela leur réussit à merveille.

Les Pêcheries, rue des Pêcheries 97, 1170 Bruxelles. Tél.: 02.673.90.24. Webwww.lespecheries.be

© La Libre Belgique 2005