Vin: 2015 sera un excellent millésime

Cette année, c’est la sécheresse qui vient jouer les trouble-fête, ayant forcé la plupart des vignobles à vendanger bien plus tôt. Mais 2015 devrait être un bon millésime.

Vincent Schmidt

L’été sec a affecté le vignoble français, mais ce devrait être un bon millésime.

Après une année exceptionnelle en 2014, qui avait permis à la France de retrouver son statut de premier producteur mondial, on s’attend en effet à un retour à des niveaux de production plus proches de 2012 et 2013, deux années où la fraîcheur et l’humidité avaient affecté les rendements.

Cette année, c’est donc la sécheresse qui vient jouer les trouble-fête, ayant forcé la plupart des vignobles à vendanger bien plus tôt. "Depuis 1950 […], c’est le millésime le plus précoce jamais enregistré, avant ceux de 2003 et 2006", a expliqué samedi Jérôme Despey, le président du Conseil Vin de FranceAgriMer, qui rassemble les professionnels de la filière. Selon cet organisme, qui établit ses propres estimations, la sécheresse a pesé sur la production. Elle devrait atteindre 46 millions d’hectolitres, soit un million de moins que l’an passé.

Un chiffre qui reste conséquent mais qui, s’il devait encore baisser, pourrait entacher la compétitivité française. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud sont en effet en embuscade. Pour les viticulteurs, une baisse de rendement implique également une hausse des coûts. Et les plus touchés craignent d’ailleurs une saison noire. Ils espèrent que l’État se portera au secours des vignobles en réelle difficulté.

Alsace, Val de Loire, Bourgogne et Beaujolais devraient en payer le plus lourd tribut. Dans le Beaujolais, on parle d’une baisse de production de l’ordre d’un tiers.

En revanche, pas trop d’inquiétudes du côté bordelais, malgré la légère baisse globale en volume, la qualité devrait être au rendez-vous. C’est "plutôt un bon millésime vers quoi nous nous tournons cette année, grâce à une maturité optimale, avec des saveurs et une vinification qui est prometteuse", note Jérôme Despey.

Quoi qu’il en soit, il y a fort à parier que le millésime 2015 verra les prix à nouveau grimper.