Toutes les chips ne se valent pas

On sait que les chips, très appréciées au moment de l’apéro, sont très grasses. Mais saviez-vous que les "pires" chips pour la santé sont celles qui sont les plus basiques.

Michèle Dryepondt
Toutes les chips ne se valent pas
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On sait que les chips, très appréciées au moment de l’apéro, sont très grasses. Mais saviez-vous que les "pires" chips pour la santé sont celles qui sont les plus basiques. Sous toutes les coutures. Michèle Dryepondt Diététicienne-Nutritionniste.


Un" ou "une" chips ? La question fait débat. Sur le site des grandes marques, "chips" est masculin en Belgique et féminin en France. Larousse et Robert s’entendent cependant pour leur conférer la féminité. Ce qui semble plus logique par analogie à la frite : il s’agit de "pomme" frite et de "pomme" chips. Optons pour "une" et "la" mais souvent, plus globalement, pour "les". Il est, en effet, plutôt rare que nous n’en mangions qu’une ! Cible des diététiciens qui hurlent au mauvais gras, nourriture de prédilection des ados et incontournable de l’apéro, la chips ne laisse pas indifférent. Coupable de tous les "trop" - sel, gras, additifs… -, elle représente, aux yeux de tous, l’aliment anti-santé.

Une frite plate

Mais, qui est-elle exactement ? Dans sa plus simple expression, c’est une frite plate : une fine tranche de pomme de terre passée à la friture et assaisonnée. Ce mode de cuisson entraîne le remplacement de l’eau de la pomme de terre (par évaporation) par l’huile, et cela, à concurrence d’environ 25 à 30 % de son poids. Du coup, elle se prend 300 % de calories en plus !

Très énergétique, mais légère en main, elle se laisse manger. Craquant au premier coup de dent, fondant sur la langue et séduisant par des arômes les plus divers, elle est appétente et, en même temps, synonyme de fête et de convivialité. Si elle gardait sa place d’exception et si sa consommation ne dépassait pas la quantité d’une poignée, on ne devrait même pas en parler. Le problème est que, d’une part, le sel qu’elle contient et le plaisir qu’elle procure la rend "addictive", et d’autre part, elle occupe parfois une place qui ne lui revient pas du tout lorsqu’elle est servie en collation, en goûter ou, et même parfois, en repas !

La chips est un plaisir et, pour ceux qui l’aiment, mérite d’être savourée. Ce qu’on ne fait pas toujours du reste. Or, on en aurait peut-être une autre perception si chacune était dégustée ! Expérience intéressante à faire en groupe ou en famille : une dégustation à l’aveugle de chips vous laissera perplexe sur l’idée que vous vous en faites !

Les fabricants attentifs à la qualité

Mais, retour à la qualité de ces petits plaisirs que l’on nous propose sous diverses formes aux arômes les plus improbables et dans des packagings des plus suggestifs. Globalement, les chips les plus simples (entendons, les "pétales"), sont très proches en valeurs nutritionnelles (voir infographie). Les fabricants sont d’ailleurs de plus en plus soucieux de la qualité des produits qu’ils proposent. Ainsi, ces dernières années des efforts ont été fournis sur la réduction en sel et la qualité des huiles. Les grandes marques utilisent principalement le tournesol. N’y voyons aucun effet santé : les huiles de friture n’offrent jamais de valeur nutritionnelle intéressante si ce n’est leur origine végétale qui en limite la teneur en acides gras saturés.

Les chips de légumes sont tentantes, elles semblent donner meilleure conscience. Cependant, dans la plupart des cas, il s’agit de légumes racines type patate douce, betterave, (parfois carotte), pomme de terre bleue qui absorbent autant d’huile et ne changent rien à la qualité nutritionnelle. Au goût, elles sont généralement plus sucrées parce que l’on y ajoute souvent du sirop de glucose.

Du côté des ingrédients, ils peuvent être très réduits - pomme de terre, huile et sel - ou plus nombreux dès que les arômes s’en mêlent - poudre de toutes les sortes (lait, fromage, viande, ail, oignon…), exhausteurs de goût, extraits en tous genres, arômes naturels ou non. A chacun de prendre ses responsabilités…


Que valent les chips en termes de nutrition ?


Le tableau ci-dessus reprend les valeurs nutritionnelles pour onze sortes de chips, choisies de manière aléatoire parmi les plus classiques. Elles sont classées par ordre croissant en fonction de leur énergie (kcal) et pour une portion de 30 g. Les données sont celles qui figurent sur les emballages et sont exprimée en kcal pour l’énergie et en grammes pour les nutriments.

Lay’s oven annoncé comme contenant 75 % de matière grasse en moins, se démarque vraiment dans les valeurs nutritionnelles. C’est résolument la moins "mauvaise" de la sélection. Suivie de près par celles de légumes qui contiennent plus de gras, mais moins de glucides et bien plus de fibres.

La pire serait le produit "basique", la plus grasse et la plus calorique.

Quant à l’apport en sel - dont la ration quotidienne ne devrait pas dépasser 5 g -, il peut varier du simple (Légumes de Carrefour) au triple (Sel 365). Si l’on évince ces extrêmes, on peut évaluer qu’une poignée de chips apporte environ 10 % (0,5 g.) de la limite recommandée (5g.), ce qui est loin d’être négligeable ! Alors, une poignée de chips à l’apéro le samedi, ça va. Plus ? Bonjour les dégâts !