Saviez-vous que votre humeur pouvait être influencée par ce que vous mangez ?

Un coup de pompe vers 15 heures, de l'énervement avant midi, des ballonnement après chaque repas... des ressentis auxquels on ne prête plus attention. Et pourtant, on pourrait prédire toutes nos réactions en se penchant sur ce que l'on mange. La chronique d'Aline Ways, coach en nutrition holistique.

Aline Ways

Un peu de bon sens et d’observation et il suffit de constater l’effet euphorisant du sucre sur des enfants à un goûter d’anniversaire, tant au niveau de l’humeur que du comportement. Cependant, nous avons tendance à être détachés de ce ressenti et on finit par trouver normal de sentir un coup de pompe vers 15 heures, d’être énervés avant midi ou alors systématiquement ballonnés après chaque repas. 


Notre relation à la nourriture est complexe et souvent émotive. Une journée stressante et nous voilà irrépressiblement attirés par du chocolat, plutôt que par un bol de brocoli ! Besoin d’énergie ? C’est un café et un biscuit qui feront l’affaire.

Alors comment soutenir une humeur constante avec des aliments nourrissants ? C’est à travers la relation intime entre les intestins et le cerveau que tout se joue, et plus précisément à l’aide des neurotransmetteurs. La sérotonine, qui nous aide à être contents et calmes, est fabriquée en majorité dans les intestins, d’où l’importance d’en prendre soin, notamment en consommant des aliments lacto-fermentés (à faire soi-même ou que l’on trouve en magasin bio).


Calme et contentement >> dopamine et sérotonine

Le chocolat noir est une bonne source de tryptophane, précurseur de la sérotonine. Mais pas seulement ! Il nous permet aussi de produire de l’anandamide qui nous aide à contrer (très provisoirement, malheureusement) les sensations de douleur et de dépression. On produit aussi de la dopamine avec le chocolat, ce qui est excellent pour l’humeur. Mais chez ceux qui ont déjà des niveaux élevés de dopamine, le chocolat est plutôt un excitant.

Quant aux bananes, surtout si elles sont bien mûres, elles régulent la dopamine grâce à leur teneur en tyrosine, un acide aminé précurseur. Elles contiennent aussi de la vitamine B6, ainsi que du magnésium, essentiels pour la détente nerveuse et physique.


Humeur stable >> glycémie

Attention aussi à la glycémie : des niveaux stables de sucre sanguin sont déterminants pour une humeur stable. C’est pourquoi il est si important d’inclure des protéines, de bonnes graisses et beaucoup de fibres à chaque repas afin que le glucose se libère peu à peu dans la circulation sanguine. Toutefois, la consommation de protéines, graisses et fibres ne signifie pas que l’on peut abuser de sucres et de féculents en toute impunité !

Ensuite, les oméga 3 que l’on trouve dans les poisons gras, les graines de lin, les noix et les pecans réduisent l’anxiété et ont un impact positif sur l’humeur.


Stress et état dépressifs >> voici nos ennemis

Mais il n’y a pas que ce que l’on mange, ce que l’on boit importe aussi. L’alcool par exemple est un dépressif. Les premières gorgées procurent un peu de dopamine, ce qui met de bonne humeur au départ, mais peu après, ça chute… Pour ceux qui ne sont pas au top, l’alcool est un faux ami.

L’excès de caféine peut aussi avoir des revers : le café, les boissons énergisantes, les colas nous font secréter de l’adrénaline, une hormone du stress. Cet excès fait que nous ressentons avec plus d’intensité des hauts mais aussi des bas, à cause de sa relation à la glycémie. Mais ces hauts ne procurent pas du bien-être, mais plutôt de l’agressivité, de la frustration et des réactions démesurées à des incidents sans importance. Il faut trouver la juste dose pour profiter de l’effet stimulant, sans les effets pervers.


Additifs et conservateurs >> attention à notre flore intestinale !

Enfin, c’est ce que l’on ajoute aux aliments et aux boissons qui peuvent également altérer notre bien-être ressenti. Les additifs et conservateurs permettent d’éviter la prolifération bactérienne, ce qui permet d’éviter leur péremption. Mais quand on sait que chaque adulte a 3 à 5 kg de bactéries dans le gros intestin dont nous sommes très dépendants pour notre santé, cela est en réalité très inquiétant ! Quelle influence exercent ces additifs sur notre flore intestinale ? Mieux vaut éviter tous les aliments industriels !


>> Tâchons de garder à l’esprit que tout ce que nous mangeons, buvons, pensons, respirons ont un impact sur ce que nous ressentons au jour le jour. Soyons plus conscients de ce que nous assimilons et donnons à notre organisme ce dont il a besoin pour créer des conditions favorables à la joie, la santé et à la vitalité.

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