Mise en bouche

C’EST LA RENTRÉE également dans l’univers gastronomique. Après le calme relatif de l’été, quantité d’événements sont organisés dans les semaines à venir (cf. ci-contre). Parmi eux, il en est un dont le succès ne se dément pas depuis 10 ans maintenant : la "Semaine des Jeunes", organisée du 13 au 19 septembre prochain, par l’association des Maîtres-cuisiniers de Belgique. Il faut dire que le concept est alléchant : permettre aux plus jeunes de découvrir, à prix modiques, les plus belles tables du pays. On comprend que le nombre des participants n’a fait qu’augmenter depuis une décennie. S’ils n’étaient qu’un millier en 2001 lors de la première édition, ils étaient dix fois plus à profiter de cette chance unique l’année dernière.

Et celles et ceux qui ont tenté l’expérience l’ont rarement regrettée; il y a d’ailleurs fort à parier que les "Menus jeunes" ont certainement créé des vocations de gastronomes. Car la plupart du temps, de belles émotions culinaires sont au rendez-vous. Le concept a d’ailleurs essaimé à l’étranger et en Belgique. Aujourd’hui, on ne compte plus les événements (comme la Restaurant Week, par exemple, organisée en juin dernier) mis sur pied pour inciter les gens à aller au restaurant. Londres, Paris, New York, Chicago, Amsterdam, Barcelone Toutes les grandes villes semblent gagnées par une fièvre gourmande !

Malgré cette nouvelle concurrence, le concept de la "Semaine des Jeunes" n’a pas bougé d’un iota, même si, au fil des ans, le prix du menu a quelque peu grimpé (35 €, désormais)

Une fois encore, les jeunes gastronomes de 18 à 25 ans sont invités à oser franchir la porte des grands restaurants pour s’initier à la haute cuisine, le temps d’un menu 3 services (entrée, plat, dessert) accompagné d’amuse-bouches, d’un apéritif, de vin, d’eau et de café. Un rapport qualité-prix imbattable permis notamment grâce à un gros sponsor, une grande marque d’eau belge Car il est ici question de s’initier au raffinement et aux produits de qualité. Le but des chefs étant d’abord pédagogique : former le palais des nouvelles générations dans l’idée, évidemment, que celles-ci continuent de fréquenter les grands restaurants

Les réservations étant lancées depuis mercredi, il y a fort à parier que les plus grandes maisons affichent déjà complet. Ainsi, à Bruxelles, le "Comme chez soi", de Lionel Rigolet (**), ou le "Sea Grill" (**), d’Yves Mattagne, ne seront sans doute plus disponibles. Qu’à cela ne tienne, d’autres très belles tables attendent les jeunes gourmets. Du "Barbizon", d’Alain Deluc, au "Châlet de la Forêt" (*), de Pascal Devalkeneer, en passant par "La maison du bœuf", de Jacky Chartier, à l’Hilton, le choix sera difficile.

Mais partout en Belgique, de grands chefs du pays joueront le jeu. Un peu moins en Wallonie cependant, où l’événement ne sera organisé que dans 13 maisons Parmi les plus connues, on peut citer le "Zur Post" (*), d’Eric Pankert, à Saint-Vith, "Au gastronome" (*), de Michel Libotte, à Paliseul, ou encore "Le sanglier des Ardennes", de Frédéric Caerdinael, à Durbuy. Effet de la crise ?

Peu de grands chefs, étoilés ou non, ont, ceci dit, accepté de jouer le jeu. Manque, en effet à l’appel à Bruxelles, de belles maisons comme "Bruneau" ou "La villa lorraine". C’est encore plus flagrant en Flandre, où un seul petit macaron pointe à l’horizon : "De Oosthoek", de Stefan Billiau, à Knokke Pour découvrir la cuisine de Peter Goossens, au "Hof van Cleve", ou de Geert Van Hecke, au " Karmeliet", il faudra donc casser sa tirelire