C'est une question à laquelle la psychologue Emanuela Garau s'est attachée à répondre au travers d'un programme intitulé "J'arrête avec la faim émotionnelle". "Trop souvent on se focalise sur la nutrition sans prendre en compte les émotions et les causes psychologiques qui nous mènent vers un rapport difficile à la nourriture. De l’autre côté, on se focalise sur le côté psychologique sans se questionner sur l’état nutritionnel de la personne en souffrance qui se présente à nous. Or, les deux champs sont strictement connectés", explique la psychologue et nutrithérapeute.

Ce n’est pas parce qu’on mange qu’on a faim : cette vérité, on l'a toutes et tous éprouvée dans notre corps : lorsque l'on ressent une émotion forte (stress, colère, peur, tristesse, angoisse...) cela provoque quelque chose de désagréable en nous. Le cerveau va alors vouloir éteindre ou annihiler cette sensation en mangeant, car cela provoque une émotion positive en plus de déclencher des mécanismes chimiques.

Et on se tourne directement vers une nourriture réconfortante, c'est-à-dire sucrée, grasse, salée ! Un paquet de chips, une barre de chocolat, un biscuit, un verre de vin même viendront combler un manque qui n'existe pas ! "Le seul hic est qu’on s’en aperçoit toujours trop tard, c’est-à-dire quand le paquet de chips, la barre chocolatée ou le verre de vin sont achevés", décrit Emanuela. Qu’est-ce qui fait alors qu’on tend vers ce type de nourriture alors qu’on n’a pas vraiment faim ? C’est justement toute la question de la faim émotionnelle.

Plaisir immédiat

Cela arrive à tout le monde à un moment ou à un autre. Les études montrent qu’un grand nombre de personnes est sujette à ce mécanisme. Il a été observé tant chez les personnes en surpoids que chez celles qui s’abandonnent à des régimes restrictifs mais aussi chez les personnes mangeant de manière équilibrée. Le problème c'est que cela peut vite se transformer en pulsion régulière dès que l'on ressent une émotion désagréable ou négative. "Parce que manger nous fait penser à autre chose et que cela apporte du plaisir immédiatement".

Emanuela Garau explique qu'en fait "la faim émotionnelle est liée à une mauvaise gestion de ses émotions négatives, donc à une mauvaise régulation émotionnelle. Au lieu de confronter et de résoudre le problème qui nous fait souffrir, et qui demanderait plus d’attention, d’énergie et de sensations éventuellement déplaisantes, on préfère se focaliser sur un objet immédiatement disponible et pas désagréable". C’est comme si on mettait un pansement, mais qui ne tiendra qu’une heure ou deux. Après, on est à nouveau au point de départ !

Et cet effet est encore plus fort si on se trouve dans une démarche d’alimentation restrictive (c’est-à-dire qu’on se force à ne pas les manger pour ne pas prendre de kilos).

S'écouter vraiment

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Mais comment réguler tout ça ? En s'écoutant mieux ! "Il est normal de se sentir triste, stressé ou frustré de temps en temps. Mais quand une émotion négative arrive ou quand vous sentez que vous avez « besoin » de manger de la nourriture riche en gras ou en sucre, de la nourriture pour vous réconfortante, arrêtez-vous et posez-vous cette question : qu’est-ce que je ressens ? Qu’est-ce qui fait/quelle est la raison qui fait que je me sens ainsi ? Permettez-vous de sentir l’émotion, de la reconnaître, de la verbaliser et de l’accepter", résume Emanuela Garau.

Le tout est de comprendre ce qui se joue en nous, au niveau physiologique, chimique et psychologique. En décryptant notre mode de fonctionnement, on va aller bien plus facilement vers vers une alimentation plus saine et plus juste tant à un niveau mental que physique.

Et c'est toute cette somme de connaissances appliquée à chaque personne à travers un suivi personnel que propose la thérapeute dans son programme en ligne, les infos sont ici.