Comment gérer le goût de nos enfants pour certains aliments comme le sucre et leur dégoût pour d’autres plats meilleurs pour la santé ?

Votre enfant n’aime pas les légumes, ne mange que du pain blanc et préfère la lasagne à votre rôti de porc à la moutarde ? Rien d’étonnant rassure la diététicienne et nutritionniste Gisèle Gual, "mais attention à ne pas rentrer dans son jeu", ajoute-t-elle. S’adapter uniquement au désir des enfants, c’est prendre le risque de se cantonner à des aliments peu variés et souvent riches en sucre, ce qui peut engendrer des carences, des problèmes métaboliques ou des enfants en surpoids. Initier leur palais à de nouvelles saveurs est essentiel.

Tester régulièrement les goûts

"Si on a décrété ‘mon enfant n’aime pas le pain multicéréales donc je ne lui donnerai que du pain blanc’, il n’y a pas de raison pour qu’il apprenne un jour à aimer autre chose", explique la diététicienne. À sa naissance, l’être humain est d’abord attiré par le sucré. Donnez de l’eau avec un peu de sucre de canne à un bébé et il sourira, donnez-lui du citron, il risque de faire la grimace. Cette réaction s’explique en partie par le fait que le lait maternel est légèrement sucré. Ce qui ne veut pas dire que les tout petits n’aiment que ça. Dans de nombreuses cultures, les premiers aliments donnés aux bébés sont amers. Ils s’y habituent et en viennent à aimer cette saveur. "Je ne dis pas qu’il faut forcer les enfants à manger ce qu’ils n’aiment pas, mais il faut continuer à leur proposer ces aliments, qu’ils en goûtent une cuiller à chaque fois", précise Gisèle Gual.

Quelques astuces

Une bonne technique consiste à varier les manières de cuisiner les aliments. Les chicons peuvent par exemple être préparés en soupe, les épinards cuits avec de la crème, les légumes mixés dans une sauce bolognaise… Le contexte peut aussi jouer un rôle déterminant : "Souvent les enfants n’aiment pas ce qu’on leur propose à la maison puis il suffit qu’ils le goûtent préparé autrement chez un copain pour apprécier", illustre la diététicienne. Elle conseille d’y aller très progressivement quand il s’agit de changer des habitudes déjà en place : si votre loupiot ne mange que des céréales très sucrées le matin, vous pouvez commencer par faire un mélange avec une autre sorte moins sucrée, comme les rice crispies. Le porridge ou certaines marques de céréales crunchy peuvent aussi être une alternative plus riche en fibres à proposer.

Manger de tout, mais avec modération

En plus de cette éducation sensorielle et gustative, la nutritionniste pointe encore deux éléments importants pour optimiser l’alimentation des enfants : varier le plus possible et surtout ne pas stigmatiser d’aliment. "Quand on bannit quelque chose ça devient automatiquement l’objet du désir et ça peut virer à l’obsession. Ce qu’il faut que l’enfant comprenne c’est qu’on peut tout manger mais avec modération".

Des règles simples mais qui demandent un peu d’organisation et de temps, que les parents ne prennent pas toujours. Un parent sur trois témoigne préparer le lunch de ses enfants dans la précipitation. Avec un risque : le classique sandwich mou au gouda chaque midi. Les écoles ont aussi leur rôle à jouer dans cette question d’alimentation. Malheureusement ce qu’elles proposent est rarement adapté : "Les sandwichs proposés à l’école sont souvent bien trop grands pour l’appétit des enfants et les distributeurs de sodas, de chips et de barres chocolatées les tentent à chaque récré", déplore Gisèle Gual.