C’est le moment des récoltes de haricots, salades ou courgettes. Mais pas seulement. Il est encore temps de semer ou de repiquer.

Il suffit d’un espace libre, d’un brin de bonne volonté, d’un arrosoir, d’un peu de temps et d’énergie. Plaisir immédiat et saveurs garanties. Si chez vous il n’y a pas vraiment de potager digne de ce nom, soyez fou et libérez dans vos massifs, quelques centimètres carrés propices à la production de légumes. Ils auront fière allure parmi vos fleurs. N’hésitez pas à installer quelques petits plants achetés en jardinerie ou dans les étals des marchés, tels salades, persil, courgettes, choux d’hiver sans oublier les poireaux.

La ronde des salades

Au rayon des salades, les bons plans se bousculent. On ne sait plus où donner de la tête. Laitues et chicorées, scaroles et mâches sont au rendez-vous. Les laitues et batavias d’automne se sèment jusqu’à fin juillet et se récoltent dès la mi-septembre. Choisissez des variétés précoces comme par exemple la ‘laitue Bon jardinier’ou la ‘Merveille des quatre saisons’à consommer avant les premiers gels. Les scaroles plates et frisées semées début juillet produiront fin septembre jusqu’aux gelées. Sans oublier les salades à couper aux diverses couleurs qui, simplissimes à cultiver, viennent à point pour compléter les plats.

Pensez aussi aux chicorées italiennes assez rustiques. La rouge de Vérone ou de Trévise et la’Rossa di Chiogga’. Quant à la mâche, dite aussi salade de blé ou doucette, une incontournable de l’hiver, elle doit être semée en été et s’il n’est pas trop sec, elle produira dès octobre. Entre les rangs de poireaux, elle ne prend pas de place. Ou semée au petit bonheur la chance, un peu partout dans le jardin. Quelle surprise alors au cœur de l’hiver d’en découvrir de-ci de-là, prêtes à garnir vos assiettes. Les variétés aux grandes rosettes comme la ‘Verte de Cambrai’sont plus faciles à récolter. Quant à la roquette, pensez-y encore, même en août. Vous serez surpris de sa résistance aux premiers coups de gel. Il n’est pas rare d’ailleurs d’en récolter pendant tout l’hiver.

Pour les accompagner

Le pur bonheur est d’agrémenter les salades et les potages avec des crudités et des herbes bourrées de vitamines, comme l’estragon ou le basilic trouvés en conteneur à repiquer ou le cerfeuil qui peut être semé sans soucis. À la volée, en pleine terre. La finesse de ses feuilles n’a d’équivalent que son parfum. Le pourpier d’hiver, appelé claytone de Cuba, est à essayer par ceux qui ne le connaissent pas encore. Il se sème en août et se développe même en hiver sans se soucier du froid. Quant au cresson de jardin ou cresson d’hiver, il est cultivé en pleine terre et récolté pendant toute la morne saison. Une aubaine à ne pas négliger…

Épinards, navets et autres poireaux

C’est aussi le temps des épinards. Il y a celui d’été appelé, tétragone cornue, qui se faufile entre les rangs et ne craint pas les chaleurs et l’épinard commun que l’on déguste en automne, en hiver ou au printemps. On le sème fin juillet et dans le courant du mois d’août. La variété ‘Géant d’hiver’ne craint pas les grosses chaleurs et le ‘Hâtif à grandes feuilles’se récolte déjà après 4 semaines.

Les navets, pauvres navets, longtemps considérés comme de grossières racines, reviennent en force tellement ils sont délicieux. Qu’on se le dise. Plus faciles à réussir que ceux du printemps, ils résistent bien au froid s’ils sont abrités en dessous d’un voile de forçage. À épingler, les ‘Jaune Boule d’Or’et ‘Navet de Nancy’à la boule rose violette.

À propos de racines, on oublie toujours de semer le radis d’hiver à la saveur piquante. Noir à chair blanche, pas très joli, il n’a, à tort, pas toujours bonne presse. Essayez alors le radis ‘Rose de Chine’, une grande racine allongée d’une douzaine de cm, qui a un look entre le radis et la carotte.

Quant aux poireaux, plantez-les avant la fin juillet. ‘Gros vert de Huy’, ‘Poireau de Liège’, ‘Monstrueux’ou ‘Gros vert d’hiver’, ils supporteront le gel sans broncher. De quoi vous régaler au coup par coup dès l’automne venu. Et la mouche du poireau nous direz-vous ? Un voile anti-insecte à placer directement après la plantation est certes une bonne solution. Une autre astuce pour la contrer nous a été confiée par un maraîcher de notre village : ne coupez plus le tiers supérieur du feuillage au moment de la plantation car l’odeur produite l’attire.

Ah les bouffées de chaleur

En été, la terre est sèche. Creusez des sillons et arrosez copieusement le fond à l’aide d’un arrosoir. Déposez les graines et recouvrez-les de terre sans tasser. Puis paillez le sol avec des fougères ou une fine couche de tonte de pelouse ou encore étendez un voile pour garder l’humidité du sol et le protéger contre les pluies orageuses. Arrosez un soir sur deux jusqu’à la levée du semis. L’ombrage est parfois nécessaire pour les jeunes semis ou jeunes plants repiqués. Les racines peu profondes ne sont pas encore bien installées, les jeunes feuilles trinquent et la plante finit parfois par se dessécher entièrement. Posez au-dessus ce qui passe entre vos mains, branches de conifères, voile d’ombrage, vieux cageots retournés.