On ferait bien un petit régime, histoire de s'alléger et de prendre de bonnes habitudes pour passer l'automne en forme... Oui mais : "De toutes façons, ça ne marche jamais sur le long terme" soupire Manon, "j'y arrive pas, j'ai toujours faim", raconte Annick, "J'ai pas le temps de cuisiner sain", selon Emmanuel. "Ca commence toujours bien et paf, je craque et je mange n'importe quoi" Et on en passe... Emanuela Garau, psychologue et nutrithérapeute voit passer dans son cabinet de consultation nombre de femmes et d'hommes malheureux, mal dans leur corps mais vaincus d'avance. Pour elle, pourtant, "Le problème n'est pas la nourriture et n'est pas le poids".

Que peut-on faire pour s'aider à être mieux dans son corps, à maigrir ?

C'est simple, il faut arrêter les régimes parce que les régimes échouent, encore et toujours. Même, là où les femmes commencent un régime ou pseudo-régime (du style "non, je ne fais pas régime, je fais juste attention") pour perdre du poids, elles vont inévitablement prendre plus de poids que celui qu'elles avaient en premier lieu dès que le régime s'arrête.

En fait, cette manière de vivre la relation à la nourriture faite de restrictions, de privations, et "de "attention à ci et ça" ne fait que créer des obsessions, de l'anxiété, des compulsions alimentaires et de la culpabilité.

C'est un cercle vicieux en quelque sorte...

Mais oui ! Qui se nourrit aussi d'une société grossophobe régie par un culte de la minceur, où le poids donnerait des indications sur sa personnalité et sa valeur. En bref, même si ça se détend un peu ces dernières années, les femmes se réveillent et vont se coucher en pensant à perdre du poids. Et la seule manière qu'elles connaissent, parce qu'on leur a enseigné, pour perdre du poids est de "faire attention" à ce qu'elles mangent.

Mais en mettant l'accent sur la nourriture et la perte de poids on va seulement développer une relation conflictuelle avec la nourriture ET prendre du poids.

Comment se défaire de cette relation conflictuelle ?

Ce que j'ai compris dans mon parcours professionnel et dans tous les accompagnements avec mes patientes est qu'il faut changer le paradigme. Voici l'erreur: on a toujours mis l'accent sur la nourriture comme étant la source de tous les problèmes parce que on nous a toujours dit ce serait à cause de "ce qu'on mange" qu'on prendrait du poids. Le problème n'est pas la nourriture et n'est pas le poids.

S'il y a un surpoids c'est parce qu'il y a toute une série de mécanismes psychologiques qui poussent à certaines habitudes alimentaires, qui vont faire prendre du poids en excès.

Il faut identifier ses automatismes psycho-alimentaires, travailler sur la faim émotionnelle, apprendre à profiter de toute la nourriture en sortant des injonctions de ce qu'il faut manger et de ce qu'il ne faut pas.

On peut le comprendre mais comment mettre ça en pratique ?

Si on veut vraiment se libérer de ses chaînes et retrouver son poids idéal, il faut commencer par faire la paix avec la nourriture et construire une relation apaisée, sereine, bienveillante avec soi-même et son corps. Il faut une approche qui lie psychologie et nutrition. C'est la seule solution viable et efficace. Et j'ajoute qu'on parle là de son poids "naturel" et qui ne rime pas nécessairement avec "mince" !

Vous proposez une méthode qui s'appelle "J'arrête les régimes", ça consiste en quoi ?

On apprend à faire la paix avec la nourriture et retrouver son poids idéal en mangeant de tout et en se faisant plaisir parce que cette notion de plaisir est cruciale. On aborde cinq thématiques : la relation à soi et à la nourriture ; la relation à son corps et à son assiette ; la faim émotionnelle ; la nutrition ; l'organisation et la planification. Car comprendre, c'est encore mieux qu'apprendre : la tête et le ventre avancent ensemble.

Plus d'infos sur cette formation de 12 semaines sur le site d'Emanuela Garau . Inscriptions jusqu'au 20 septembre. Sur un blog , la psychologue-nutrithérapeute aborde également la relation entre alimentation et bien-être et donne des recettes