Seize heures de pause alimentaire, c’est la formule du jeûne intermittent. Une méthode qui convient à toute personne adulte en bonne santé bien documentée ou suivie par un professionnel. La façon de faire la plus confortable étant de dîner complet avant 19h pour remanger normalement à midi le lendemain. Exit donc le petit-déjeuner.

Les personnes en santé peuvent tout à fait s’y mettre après s’être bien documentée.

Adaptable et modifiable

L’intérêt de cette façon de manger est que c’est facile à mettre en oeuvre, c’est adaptable et modifiable, compatible avec une vie sociale active, en sacrifiant uniquement le petit-déj. Et le résultat se ressent vite au niveau du corps et de l’esprit “avec une sensation d’allègement mental, dû notamment au meilleur équilibre du microbiote”, précise Audrey Elsen, nutrithérapeute et coach en alimentation ,”et au fait que la digestion utilise 30 à 50% de notre énergie : si on grignote toute la journée, on est fatigués”.

Lorsqu’on jeûne 16h au moins, le corps se met automatiquement en mode grand nettoyage durant lequel l’homéostasie du corps et ses forces régénératrices peuvent opérer. “En résumé, on élimine les toxines et les kilos de gras”. Dangereux pour la santé ? Non ! D’abord parce que “trop manger, cela fatigue et empêche l’auto-guérison du corps, il est donc bien plus dangereux de trop manger que de s’offrir des périodes de repos digestif”, explique la spécialiste, “et cela n’a rien à voir avec les régimes à la mode qui sont eux préoccupants pour la santé”.

Les bénéfices sont nombreux

Jeûner 16h permet de réguler son poids et sa satiété, cela diminue l’inflammation, lutte contre le stress oxydatif, encourage la régénération des cellules, contribue au ralentissement du processus de vieillissement, la flore intestinale s’équilibre mieux et on a noté aussi une amélioration du profil hormonal : entre autres, le jeûne intermittent va permettre de normaliser le niveau de ghréline (l’hormone de la faim). “Ce que les personnes voient le plus vite c’est la perte de poids viscérale, vous voyez ce petit ventre ou les “poignées d’amour”, sourit Audrey Elsen.

Mais est-ce aussi simple que dîner tôt et sauter le petit déjeuner ? Oui et non. D’abord, le bon respect du jeûne dépend aussi du métabolisme et de la glycémie de chacun. Et de la peur psychologique de “manquer”. Audrey Elsen conseille souvent à ses patients de jeûner d’abord “un jour sur deux ou trois jours par semaine ou off le week-end. Varier les rythmes, c’est comme la course en fractionné, on voit plus de résultats. Il faut pouvoir s’y habituer avant de craquer et de se sentir en échec et abandonner.” 

Ensuite, le corollaire de ce jeûne, c’est de boire beaucoup pour drainer et de s’alimenter correctement durant la fenêtre de 8h. “A priori il n’y a pas de restriction mais on doit manger équilibré et varier ses poisons, comme le dit un proverbe : un peu de tout dont des viandes maigres, du poisson, des céréales complètes, des légumineuses, des fruits, des légumes avec une petite sauce qui donne du goût”. On peut profiter alors aussi de la réduction calorique nécessairement au rendez-vous : “entre 200 et 600 calories par jour selon les métabolismes et jusqu’à 800 quand on laisse tomber un petit déj bien sucré”. Audrey Elsen conseille de surveiller son poids tous les 15 jours mais surtout de mesurer son bien-être à la taille dans un pantalon-test !

Des contre-indications, il y en a finalement peu. Les femmes en situation préconceptionnelle, enceintes ou allaitantes ne doivent pas y avoir recours, de même que les enfants et les adolescents. Les personnes épuisées sur la durée ou en burnout non plus.

Et le petit déj ?

Mais alors, totalement has-been le petit déjeuner ? “Non ! Pour certaines personnes je conseille davantage d’adapter son petit déjeuner en mangeant salé : des oeufs, du bacon, du saumon, des haricots, le reste d’hier soir, une tartinade de légumes, du chèvre, des noix, du houmous... On supprime au max le sucre et on le remplace par un apport en bonnes graisses et en fibres”. Résultat : on n’a pas faim du tout parce que le pic glycémique ne va pas monter haut, on ne grignote pas et on conserve une énergie qui fait du bien”. Et l’on peut consommer 5 oeufs par semaine sans problème.