De l’importance des fruits et des légumes à un âge où notre corps joue au yo-yo avec nos sentiments.

L’adolescence est décidément bel et bien une période ingrate. Aux côtés du corps qui change, des poussées de boutons et de la voix qui mue, c’est également la pagaille dans la tête. Entre recherche d’identité et sautes d’humeur, un symptôme particulièrement interpellant est de plus en plus diagnostiqué chez nos ados : la dépression. Entre 2005 et 2017, les épisodes dépressifs ont explosé chez les Américains entre 13 et 17 ans. Un bond de 52 %. Et après 17 ans, c’est encore pire. On remarque une augmentation de 63 % des symptômes dépressifs chez les jeunes entre 18 et 25 ans sur la période 2009-2017. C’est en tout cas ce que révèlent des chiffres globaux aux États-Unis. Et si les causes de cet état dépressif sont nombreuses, une étude sortie au début du mois de septembre met en lumière le rapport entre malbouffe et dépression.

Un snack à l’école, une pause de midi sur le pouce et la facilité des fast-foods, les tentations de manger une petite crasse sont partout. Des recherches sur 84 adolescents américains âgés en moyenne de 13 ans ont été menées par l’université d’Alabama de Birmingham (UAB). En analysant leurs urines au début de la recherche et un an et demi plus tard, le résultat était sans appel : trop de sodium et pas assez de potassium. En substance, cela signifie trop d’aliments transformés et pas assez de végétaux.

D’après Sylvie Mrug, directrice du département de psychologie de l’UAB, une trop grande présence de sodium dans les urines peut refléter la consommation d’aliments transformés et malsains dont la teneur en sodium est élevée. En d’autres termes : les fast-foods, plats surgelés et autres snacks. Combiné avec un manque de potassium, marqueur d’une insuffisance de légumes dans le régime alimentaire, nos ados ont le moral dans les chaussettes. "Si les adolescents intègrent davantage d’aliments riches en potassium dans leur régime alimentaire, ils auront probablement plus d’énergie et se sentiront globalement mieux, ce qui peut améliorer le sentiment de bien-être et améliorer la santé mentale ", explique Lisa Drayer, spécialiste en nutrition de la CNN. Parmi les aliments à promouvoir : les légumineuses (haricots blancs, lentilles), toutes sortes de légumes (épinards, champignons, choux), les fruits (avocats, bananes, agrumes), et les noix (amandes, noisettes, pistaches). Adieu donc la barre chocolatée au goûter. Pourquoi ne pas la remplacer par quelques noix et des fruits ?

Adopter le régime méditerranéen

Les jeunes ne sont pas les seuls touchés par cette baisse de régime liée à l’alimentation. À tous les âges, ce que l’on donne comme carburant à notre corps influence profondément son fonctionnement. Améliorer son alimentation peut aider à tacler les symptômes dépressifs. Et c’est le régime méditerranéen qui remporte la palme des régimes alimentaires capables de combattre la dépression. À base de fruits, légumes, poissons et céréales, il serait lié à une diminution de 33 % du risque de dépression d’après une étude portant sur près de 36 000 adultes dans plusieurs pays. Alors on oublie les snacks et les plats à réchauffer au micro-ondes, en avant pour les papillotes et les dessert fruités.