Le repas dans le "meilleur restaurant au monde" est désormais conçu autour de fleurs, fruits, feuilles ou racines, selon les phases de la Lune.

Mauro Colagreco sort du confinement avec un nouveau concept pour son restaurant sur la Côte d’Azur. "Je n’étais pas bien, je ne me voyais pas ouvrir le restaurant tel que je l’avais quitté", explique à l’AFP le chef argentin Mauro Colagreco, l’un des deux étrangers à posséder en France trois étoiles au Guide Michelin, et dont le restaurant Mira zur à Menton, à la frontière franco-italienne, a été consacré l’année dernière "meilleur du monde" par 50 Best. "Nous n’avons pas changé le style de cuisine, mais l’âme du Mirazur", ouvert en 2006, explique le chef de 43 ans, apprécié pour sa liberté créative et sa capacité d’inventer jusqu’à 250 recettes par an.

Pendant les trois mois du confinement, "j’ai beaucoup travaillé dans le jardin. Ça m’a permis d’évacuer mes angoisses et d’être en contact avec la terre. J’ai repensé plein de choses : le rythme de travail, la façon de produire, de consommer…" Le jardin occupait déjà une place importante pour le chef, mais avec sa femme, Julia, il veut encore "changer l’équation pour que le restaurant fasse partie du jardin et non l’inverse" comme c’était le cas jusqu’à présent.

"Nous travaillons beaucoup avec la biodynamie et l’un de ses guides est le calendrier lunaire. Par exemple, lorsque nous plantons des épinards, nous le faisons le ‘jour feuilles’", raconte celui qui a inventé l’expression "haute cuisine biodynamique".

Le pari "lunaire" est un peu risqué pour un chef qui est au sommet de sa carrière et de la reconnaissance, mais l’Argentin qui est arrivé en France à l’âge de 25 ans et avait tout à prouver sait comment décrocher la lune.

Mauro Colagreco a suivi des études hôtelières en Argentine et à La Rochelle. Il a travaillé avec Bernard Loiseau de 2002 à 2003, ensuite avec Alain Passard à L’Arp ège et Alain Ducasse à l’Hôtel Plazza Athénée avant de passer un an au Grand Véfour . Propriétaire de plusieurs restaurants, notamment à Paris et à Buenos Aires, le chef argentin qui intervient parfois dans la version française de Top Chef estime que les premiers signes de la reprise après le confinement sont plutôt encourageants. (Avec AFP)