Mais comme il n'est pas obligatoire sur tous les produits européens, son efficacité est amoindrie. Et il n'est pas encore bien compris des consommateurs.

Le Nutri-Score, c'est ce code à 5 lettres et couleurs, qui a été choisi et qui est utilisé en Belgique depuis avril 2019 sur la plupart des aliments de la grande distribution. Il entend indiquer au mieux la teneur en éléments nutritifs des aliments. Sa notoriété n'est plus à faire : selon une enquête de Test-Achats, 91% des consommateurs l'ont déjà remarqué et 74% disent en connaître le sens, indique VTM.

Une étude de l’institut de santé Sciensano s'est également penchée sur ce label. Réalisée en ligne auprès de plus de 1000 citoyens afin d’évaluer l’influence de ces labels sur la compréhension, la perception et les choix alimentaires des consommateurs, sa conclusion est nette : si on le compare à 4 autres labels utilisés dans différents pays, il est le plus clair et le mieux adapté au consommateur. Même si les 5 types de labels ont tous permis au consommateur de faire de meilleurs choix que lorsque celui-ci est confronté à un packaging de produit sans label. "Des différences importantes existent entre ces labels, qui peuvent avoir une influence sur le consommateur comme sur l’industrie", explique Stefanie Vandevijvere, scientifique chez Sciensano.

Selon les sondés, le Nutri-score "indique au mieux la qualité nutritionnelle des produits, est le label le plus clair pour le client et est compris plus rapidement que les autres labels".

46% s'en méfient

La notoriété du label et l'utilité d'une telle échelle de repère alimentaire ne sont donc plus à démontrer. Mais quid de sa popularité ? 54% des personnes interrogées par Test-Achats ayant déjà vu le Nutri-Score sur un produit lui font confiance. Ce qui veut dire que 46% restent méfiants à l'égard de cette étiquette nutritionnelle !

Une méfiance qui vient d'une incompréhension. On le sait, "le Nutri-Score est calculé sur la base de l’énergie, des graisses saturées, du sucre, du sodium et de la présence de fruits, légumes, noix, légumineuses et, dans certains cas, de protéines », poursuit Stefanie Vandevijvere. Il permet donc au consommateur de choisir l’alternative la plus saine parmi une même catégorie d’aliments mais il ne permet pas d'aiguiller clairement vers les meilleurs choix alimentaires en général.

Ainsi le saumon fumé est classé D ou E alors qu'une boîte de céréales sucrées industrielle sera classée B ou C ! Pourtant, dans le cadre d'un régime alimentaire sain, le saumon fumé a toute sa place alors que les céréales sucrées... moins. D'ailleurs suite à cette enquête, Sciensano estime que des études complémentaires sont nécessaires afin d’évaluer l’impact de ce type de labels sur les achats effectués par les consommateurs, leur régime alimentaire et la reformulation des produits (diminution de la quantité de sel et de sucre) dans le secteur alimentaire.

Pour une uniformisation européenne

L'étude de Test-Achats montre également que beaucoup de Belges pensent que le Nutri-score est une initiative de l'industrie alimentaire, alors qu'il a été élaboré par des scientifiques anglais et français et validés par les autorités des différents pays l'utilisant.

Autre difficulté à surmonter pour le Nutri-score : la présence d’un label n’est pas obligatoire dans l’Union Européenne. Certains produits affichent un label alors que d’autres non, ce qui amoindrit son efficacité d'aiguillage... Sciensano prône une harmonisation européenne en la matière. Une volonté soutenue par une majorité de Belges (selon Test-Achats) : parmi ceux qui ont déjà vu l'étiquette sur un produit (ou sur un site web), près de 60 % sont favorables à un Nutri-Score obligatoire sur tous les produits.