En médecine chinoise, il est très importante d'adapter son alimentation au temps qu'il fait dehors. Alors que manger de préférence pour se réchauffer en ce moment ? C'est le thème de la chronique d'Aline Ways.


En médecine chinoise traditionnelle, les aliments sont classifiés selon les énergies qu’ils procurent plutôt que par leur contenu nutritionnel. Certains aliments réchauffent, et d’autres refroidissent. Un petit déjeuner composé d’un yaourt et d’une banane aura toujours la même valeur nutritive en nutrition classique, tandis qu’en diététique chinoise, sa valeur nutritive dépendra de la physiologie du mangeur. La biochimie a ses limites, et en diététique chinoise, c’est la physiologie qui prime. Ainsi, selon la terminologie qui lui est propre, ce petit déjeuner sera bénéfique aux individus au yin déficient, mais pas du tout à ceux au yang déficient par exemple. Dans ce contexte, les aliments soutiennent ou alors entravent nos efforts au quotidien de bien nous alimenter, car des aliments sains et nutritifs sont insuffisants, il faut aussi que ces aliments soient adéquats à l’individu.

La diététique chinoise est en théorie simple et logique, mais c’est un sujet copieux ! Alors nous nous intéresserons à une de ces facettes et son application pratique. Un des aspects auquel on accorde beaucoup d’importance, c’est d’adapter son alimentation au temps qu’il fait dehors. Ainsi, en ce moment il fait froid ; il convient donc, et cela rejoint un bon sens d’une évidence déconcertante, de consommer des aliments, des herbes et des épices qui réchauffent.

Voici quelques-uns d’entre-eux :

  • Le gingembre (en poudre) ajouté à tous vos plats, les graines de fenouil, l’anis, l’aneth, le carvi, le cumin, le caroube,

  • Les haricots noirs, aduki et les lentilles.

  • La cannelle, les clous de girofle, le basilic, le romarin, dans les aliments ou en tisane

  • L’avoine, l’épeautre, le quinoa, (le riz, le maïs, le sarrasin et le seigle sont neutres, donc acceptables mais les autres céréales refroidissent)

  • Les graines de tournesol, le sésame, les noix, les pignons de pin, les châtaignes

  • Le panais, les feuilles de moutarde, les courges d’hiver, les patates douces, le chou kalé, l’oignon, les poireaux, la ciboulette, l’ail, les oignions verts, les zestes de citron, les dates et les cerises.

  • Le piment de Cayenne est très réchauffant, à condition de n’en utiliser qu’une pincée : en excès il aura l’effet inverse.

  • Des protéines animales en modération : les moules, les anchois, la truite, le poulet, le bœuf et l’agneau

Quelques autres principes dont la plupart ont traversé cinq millénaires déjà nous enseignent que les plantent qui poussent lentement (légumes racines, choux, etc.) sont plus réchauffants que ceux qui poussent rapidement (laitues, radis, concombres). Les aliments crus ou mangés froids nous refroidissent : à l’inverse, des aliments cuits ou juste mangés chauds (à peine cuits) vont nous réchauffer.

Les méthodes de cuisson comptent aussi : les frileux préfèreront les plats mijotés, les cuissons longues, les températures élevées, les cocottes à pression. Une bonne mastication joue un rôle également : cela réchauffe les aliments froids ou crus, et dans le cas des féculents, la salive permet la sécrétion d’enzymes digestives qui vont faciliter l’assimilation et libérer de la chaleur.

Choisissez  donc bien vos aliments pour rester chauds jusqu’à l’arrivée des beaux jours !


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