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Créée en mai dernier, la communauté "Menu Next Door" réunit de plus en plus d'adeptes autour d'un concept simple et convivial: commander, via Internet, un repas concocté par des cuisiniers professionnels ou amateurs, avant d'aller le chercher à leur domicile.

"Le succès est au rendez-vous: les expériences sont positives et suscitent l'enthousiasme et la bonne humeur. En plus, le concept ne cesse d'être amélioré", se réjouit Nicolas Van Rymenant, à l'initiative du projet. Sur leur groupe Facebook, on compte près de 54.000 membres, alors qu'ils étaient 13.000 il y encore quelques mois. "Et on a déjà vendu plus de 20.000 plats", évalue le jeune entrepreneur.

"Ce qui est intéressant, poursuit-il, c'est que la nourriture crée des liens. Autour des notions de plaisir et de partage, on forme vraiment un village dans la ville." Outre les contacts qui se nouent au moment d'aller chercher son repas à emporter, "Menu Next Door" organise des soirées tous les mois. "Au nouvel an, on était 350!", rappelle Nicolas Van Rymenant.


De Bruxelles à Paris

© capture d'écran

Après avoir planté les graines du projet à Bruxelles, l'équipe de "Menu Next Door" étend l'expérience à Paris: "Nous sommes là depuis deux semaines, et il y a déjà 30.000 personnes qui se sont inscrites sur le groupe Facebook où nous proposons, pour le moment, 3 menus par jour."

Appliquant les principes d'une économie plus horizontale que verticale, "Menu Next Door" s'apparente à une sorte de "Uber" de la restauration. "Jusqu'à présent, l'argent passe de la main des gourmets à la main des chefs, détaille Nicolas Van Rymenant. Mais nous avons déjà prévenu les cuisiniers amateurs ou éclairés que prochainement, nous prendrons un pourcentage de 10, 15 ou 20% sur le prix des plats pour faire tourner notre entreprise."

"Les chefs sont testés et briefés avant de se lancerIls sont nombreux à cuisiner par passion, mais il peuvent aussi dégager quelques bénéfices pour arrondir leurs fins de mois. Il y a des profils très variés, de la femme d'origine libanaise qui aime partager sa culture culinaire, aux traiteurs qui ajoutent une activité à leur agenda. Ce qui reste indispensable à nos yeux, c'est que les gourmets qui rejoignent notre communauté ne soient pas considérés comme des clients, mais des gens auxquels on veut faire plaisir."


"Menu Next Door" sur le banc d'essai

© Geoffroy de Lichtervelde

Mais, concrètement, comment fonctionne "Menu next Door"? Est-ce que les plats proposés sont bons? Est-ce qu'on peut les récupérer en temps et en heure? Pour le savoir, nous avons décidé de passer le concept à la moulinette.

Alors que nous flânons sur leur site Internet, la proposition du chef Renaud retient notre attention: gaeng phed ghoong revisité, en entrée, et boeuf sauté aux piments et basilic thaï, en plat. Il s'agit du menu intitulé "De l'asiat à l'assiette", accompagné d'une courte présentation du chef amateur: "Ayant beaucoup voyagé en Asie, je vous propose aujourd'hui un plat typique plein de saveurs authentiques!"

En quelques clics ainsi qu'à l'aide d'un code obtenu par sms, nous confirmons une commande de huit menus à emporter le lendemain, entre 18h et 18h30. Au moment convenu, nous sonnons chez Renaud. "Montez, c'est au cinquième étage", s'écrie-t-il d'une voix chaleureuse dans le parlophone.

Une dame nous suit dans l’ascenseur, nous confiant qu'elle est une habituée de la formule: "Je voyage beaucoup, et je suis toujours à gauche à droite à Bruxelles. "Menu Next Door" me permet de découvrir des plats variés à prix modique!"

Les effluves asiatiques et appétissantes nous guident ensuite jusqu'à la porte de Renaud, ouverte pour nous accueillir. Le chef propose un verre à la cantonade, histoire de patienter quelques minutes, le temps qu'il apporte les derniers préparatifs aux plats commandés. "C'est ma première fois, je ne pensais pas que cela me prendrait autant de temps", lance-t-il en guise d'excuse.

© Geoffroy de Lichtervelde

Mais personne ne semble lui en vouloir. Au contraire, cela permet de commenter les petits plats qui sont dressés au fur et à mesure. "Mmmh, ça a vraiment l'air bon", juge une autre dame qui a passé commande.

Finalement, parmi nos invités ce soir-là, d'aucuns trouve la soupe fort épicée, mais de l'avis général, c'est assez réussi. "Et puis, quel luxe de passer la soirée à déguster des mets cuisinés par un voisin, le tout pour seulement 11 euros par personne", conclut l'une de nos convives.