Si la cuisine grecque est remplie de saveurs, de traditions, tours de main et de produits artisanaux délicieux, la restauration grecque elle a souvent soufflé le chaud et le froid sur cette gastronomie. Souvlaki de viande dure, tarama rose, tzatziki industriel et feta en plâtre : cela pouvait être dur à avaler et cela ne lui rendait pas justice !

Mais heureusement, les années 2000 ont vu arriver des chefs grecs et des restaurateurs voulant lui redonner ses lettres de noblesse et son authenticité, loin des colonnades. Et désormais, cette cuisine, comme le fameux régime crétois, ont le vent en poupe. Sans parler de la retsina qui a reconquis bien des palais !

A Bruxelles, on pense notamment au Notos de Constantin Erinkoglou à Ixelles et au Strofilia, incontournable restaurant dans le vieux centre, rue du Marché aux Porcs. Et si l'on veut continuer à manger la cuisine de ce restaurant en take-away, on peut désormais aussi se rendre dans le traiteur "by Strofilia" qu'a récemment ouvert Georgios Svanias, le fils de Stefanos, qui lança le Strofilia avec son frère.

Une histoire de famille, c'est sûr, puisque tous les plats frais et les mezzedes sont cuisinés au Strofilia chaque jour pour être ensuite acheminés dans la boutique lumineuse et spacieuse située à un jet de la place Dumon à Stockel (Woluwe-Saint-Pierre). Ouverte depuis le 3 décembre, by Strofilia a déjà eu l'approbation de la grosse communauté grecque installée à l'est de la capitale, bien heureuse d'avoir désormais tout "comme là-bas", que ce soit le restaurant ou encore la Grèce ! Georgios et Nathalie qui tiennent à deux le commerce en reviennent à peine : " Le samedi, c'est la folie " et le dimanche, ils ouvrent également quelques heures aux alentours de midi. Parfait pour ne pas... cuisiner et bruncher grec tranquille. On y a trouvé des plaisirs simples et goûteux.

Tarama dingue et apéro dînatoire

Avec en guest-star, le tarama, d'une couleur beige gris (sans colorant) et aérien (secret de fabrication !) qui est vraiment incomparable. On y ajoute du tzatzíki qui sent bon le vrai yaourt grec, les herbes (et pas trop l'ail), de la salade de poulpe au vinaigre, de la fava (une sorte de houmous réalisé à base de pois jaune) ou encore un magnifique "chtipiti" soit une salade de feta piquante à la crétoise. Et on a de quoi faire un apéritif-petit dîner qui nous fait voir le soleil ! Les gourmands rajouteront des « dolmades », les célèbres feuilles de vigne farcies. SANs parler du vin, bien sûr.

Une moussaka qui dépote

Au comptoir également, des plats chauds dont évidemment la moussaka. Et c'est carrément autre chose que ce que l'on achète au rayon surgelés ou frais du supermarché : comme un autre monde de saveurs et de fondant qui s'ouvre ! On trouve aussi des filets de bar ou de calamar farci, du mijoté de veau, du gigot d'agneau ou encore le poulet ouzo-feta, spécialité du restaurant, cela dépend des jours. C'est simple, on a envie de tout. Et des desserts aussi... les kadaïfs (gâteau de vermicelle au sirop de sucre)

De la poutargue

Le traiteur fait aussi épicerie fine. " Je ne travaille qu'avec des producteurs grecs, en direct pour les produits comme pour les vins et je goûte tout avant ", sourit Georgios Svanias.

On trouve aussi des huiles d'olive de qualité (la Monakrivo, dans des bouteilles magnifiques), des petites conserves de poisson, du vinaigre balsamique du nord de la Grèce, et merveille, de la poutargue signée Trikalinos, " une des meilleures au monde ". En grec, on appelle cela l'avgotaraho, ce sont des oeufs de mulet en salaison. Posé en tranches fines sur un plat de pâtes au citron et à l'huile d'olive, c'est salé, spécial, goûteux... divin !

Des fromages grecs

Georgios a aussi décidé de mettre en avant le fromage grec, car il n'y a pas que la feta dans la vie des Hellènes ! Alors il propose des dégustations le samedi qui font bien des émules. On peut les manger avec des croûtons grecs légers vendus en sachet qui sont terriblement gourmands (on reviendra chercher ceux à la tomate). Les amateurs de feta y trouveront aussi une spécialité plus fraîche, plus souple, au goût prononcé qui lui vient de sa maturation en fût de chêne. Parfait pour un tian aux arômes différents. Côté pâte dure, il faut essayer le San Michali de l’île de Syros dans les Cyclades.

Des vins

Alors là, il y a de quoi se régaler et s'étonner, surtout que le patron est passé par la case oenologie et l'a appliquée aux crus et terroirs grecs. Et comme c'est sa passion, il n'est pas avare en conseils ! Quand on sait les progrès réalisés depuis une trentaine d'années dans les vignobles du pays (et des îles), on peut y aller sans peine. Et redécouvrir la retsina, le vin grec qui ouvre directement la porte aux souvenirs de vacances magiques... Mais en bien mieux. A noter, deux sortes de gins grecs " aux plantes aromatiques puissante s et méditerranéennes" sont aussi à découvrir pour une quarantaine d'euros.

Et tout ça sous le regard de la grand-mère de Georgios, disparue cet automne, et qui a nourri tout cet amour pour la cuisine de ses fils et petits-fils... La photo de la vieille dame un poulpe à la main est pleine de joie, sur ce mur jaune printemps.

> by Strofilia, 14 Avenue de Hinnisdael à 1150 Bruxelles, ouvert tous les jours. bystrofilia.com